Très critiqué pour avoir laissé diffuser en direct la vidéo du massacre de Nouvelle-Zélande, Facebook s’exprime enfin sur le sujet.

Gerbes de fleurs, en hommage aux victimes des attentats de Christchurch : série d'attaques terroristes d'extrême droite, commise le 15 mars 2019, contre deux mosquées (Nouvelle-Zélande)
Gerbes de fleurs, en hommage aux victimes des attentats de Christchurch : série d'attaques terroristes d'extrême droite, commise le 15 mars 2019, contre deux mosquées (Nouvelle-Zélande) © AFP / Anthony Wallace

Et n’a pas l’intention de changer ses manières de faire. Je rappelle que le tueur s’est filmé sur Facebook live abattant 49 personnes et blessant 39 autres, le 15 mars à Christchurch. Voici, pour commencer, les données chiffrées communiquées par Facebook.

La vidéo aurait été vue moins de 200 fois pendant le direct. Elle a été vue, au total, 4 000 fois dans le monde, avant d’être signalée à _Facebook_. Le signalement n’est intervenu que 12 minutes après la fin du direct. Avant même son signalement, la vidéo était déjà dupliquée et partagée par un utilisateur du forum "8chan". Dans les premières 24 heures, Facebook a supprimé un million et demi de copies des images de l’attaque terroriste, dont 1,2 million au moment du téléchargement et 300 000 duplicatas de l’original. 

Bref, bonne volonté mais constat d’impuissance, puisque cette séquence a circulé dans le monde entier. Effroyable fiasco de la part d’un géant du numérique qui, depuis les exactions djihadistes mises en scène et postées sur les réseaux vidéos, a pourtant renforcé son système de modération. Seulement voilà, il est un principe qui demeure inchangé : le contrôle se fait a posteriori, après diffusion, donc. 

Faut-il, dès lors, renoncer à la fonction « live », c’est à dire au direct, et imposer un léger différé comme le font la plupart des émissions de télévision qui ne veulent pas perdre le contrôle de ce qui pourrait se produire sur leur plateau ? 

Non et non, répond Facebook. D’abord, le différé ne changerait pas grand-chose à la réactivité du réseau social, tant le volume de vidéos vues par jour (trois milliards) est phénoménal. Et même, affirme Facebook, ce différé ne ferait que « ralentir » le signalement et le traitement des vidéos préjudiciables. Enfin, avance le réseau, le différé retarderait l’intervention des secours que le direct sur Facebook sert aussi à alerter. 

En fait, le seul argument que retient Facebook, c’est la nécessité d’affiner les critères de signalement d’une vidéo. Les utilisateurs du réseau n’ayant à leur disposition que la mention « autre que le suicide ». Il faudrait y ajouter des catégories telles que « meurtre » ou « terrorisme ». Facebook affirme y réfléchir. 

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