Une jeune femme porteuse de trisomie 21 pose pour une campagne de pub de la marque Zalando. C’est rare… La mode a opéré une mue spectaculaire en matière de diversité. Très opportuniste diront les uns, indiscutablement utile, rétorqueront les autres.

La mode s'ouvre à la diversité, mais la limite reste le handicap.
La mode s'ouvre à la diversité, mais la limite reste le handicap. © Getty / Morsa Images

Toujours est-il que dans ce secteur où tout est question d’image et de représentation, de normes et de désir, les corps ont varié. La minceur, jeune, blanche, hétérosexuée s’avère encore largement dominante, mais couleurs de peau, poids, âges, gueules, cheveux, genre : la mode joue aujourd’hui avec tout et avec tout le monde. Et chacun y va de son slogan sur l’acceptation de soi. Réjouissant, certes, un poil lassant, la ficelle est si voyante… 

Reste le handicap. Là, on ne joue pas. C’est la limite tacite de la visibilité

Les personnes atteintes de handicap sont quasi absentes de la sphère médiatique. Elles deviennent tout bonnement inexistantes lorsqu’il s’agit de publicité. Zalando est le numéro un européen de la vente de fringues en ligne. Le site martèle sa capacité à satisfaire toutes les envies et toutes les silhouettes. Il se fait donc un devoir de toutes les figurer et va un cran plus loin : double page repérée dans le Vogue, une jeune trisomique rejoint la cohorte des mannequins qui campent la marque. 

Les porteurs de trisomie 21 sont si peu nombreux à jouer les modèles que je peux presque tous vous les citer.

En 2012, on apercevait un petit garçon trisomique au milieu d’autres gamins dans une campagne Marks & Spencer. Pascal Duquenne, acteur récompensé à Cannes dans les années 90, a tourné ensuite dans une pub belge. Il y a au moins deux mannequins atteintes de trisomie qui défilent sur des podiums à Milan et à New York. C’est intéressant car elles exposent l’entièreté de leur corps : nuque épaisse, hanches larges, bras potelés, la trisomie ne se résume pas à un visage. Enfin, la marque de luxe Gucci a fait poser cet été la plus connue, Ellie Goldstein. Elle a fait depuis la couv du Glamour anglais en septembre et du Elle Mexique en février.  

Pour Gucci, Ellie Goldstein faisait la promo d’un mascara. La campagne était titrée "Unconventional Beauty" ("beauté non-conventionnelle"). Celle de Zalando est barrée par la mention "Défendre l’inclusion". Autant vous dire qu’on est encore très loin de la banalisation. 

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