Le CSA oblige Canal+ à lire un communiqué à l’antenne, suite à la diffusion d’un publi-reportage sur le Togo. 

Canal+, une fois de plus victime de l'effet Streisand...
Canal+, une fois de plus victime de l'effet Streisand... © AFP / Martin Bureau

Six minutes, à 7h du matin, en crypté, chantant la stabilité et le dynamisme économique de ce pays d’Afrique. Problème, le clip est largement constitué de plans repêchés dans les vidéos officielles du gouvernement togolais. Quant à l’actionnaire majoritaire de Canal+, Vincent Bolloré, il est lui-même en relations d’affaires avec le Togo. 

Sanction : lecture, sous huit jours, d’un communiqué dans une tranche en clair hors week-end. Et évidemment, pas la nuit, la chaîne n’étant en clair que le matin, ensuite à midi et le soir pour Yves Calvi. C’est ballot quand même. Ce bidule diffusé en crypté que quasi personne n’a vu, enclenche l’obligation de reconnaître publiquement sa faute dans un créneau bien mieux exposé. 

C’est ce qu’on appelle l’effet Streisand. Tout ce qu’on essaie de planquer finit par se démultiplier médiatiquement jusqu’à devenir une tâche indélébile. 

Canal+ en est régulièrement victime, mais n’en tire jamais leçon. Le fameux documentaire sur l’évasion fiscale orchestrée par le Crédit Mutuel aurait été diffusé, comme prévu, en crypté en deuxième partie soirée, nul (ou presque) n’en aurait entendu parler. Mais en la déprogrammant, cette enquête est devenue l’emblème d’une volonté de censure. 

Pour le Togo, même processus. Tout commence avec la diffusion d’un reportage dans feu l’émission L’Effet papillon, pas tendre à l’égard du président. L’émission a été diffusée, et même contre les instructions la direction, sur le territoire africain. Or, deux salariés du groupe ont ensuite perdu leur job. Lien ou pas ? Une chose est sûre. Il a été exigé que le reportage soit retiré du replay et autres diffusions numériques. Ce qu’on voulait cacher a donc fini par provoquer un joli barouf dans la presse et au comité d’entreprise de Canal+ 

Deux mois après est venu ce publi-reportage sur le Togo, immédiatement perçu comme un lot de consolation éditoriale à l’égard des autorités togolaises. Du coup, de quoi a-t-on reparlé ? De L’effet Papillon et de ses critiques sur le pays. 

Et là, bim, le CSA attend que Canal+ reconnaisse ses torts sur sa propre antenne. Amis patrons de presse, écoutez-moi bien, laissez bosser les journalistes, souvent ça engendre beaucoup moins de problèmes que de vouloir à tout prix étouffer leur travail.  

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