Les sociétés de journalistes soutiennent leurs confrères de "L'Équipe", qui se sont vu refuser l'accès à des conférences de presse du PSG.

 Kylian MBappe du PSG (à droite) et Valentin Rongier de Nantes lors d'une rencontre au Parc des Princes le 23 décembre 2018
Kylian MBappe du PSG (à droite) et Valentin Rongier de Nantes lors d'une rencontre au Parc des Princes le 23 décembre 2018 © AFP / Franck Fife

Si l'on parle de « trêve » en ce moment en ligue 1 de foot, c'est parce que les matchs ont marqué une pause hivernale. Mais pour la paix et la magie de Noël, on repassera. Le quotidien sportif, depuis trois semaines, n'est pas le bienvenu aux conférences de presse du PSG. Entrée interdite. Les journalistes de plusieurs médias s'en sont émus récemment dans une lettre ouverte, demandant au club parisien de « laisser l’Équipe travailler normalement ».

Cela peut sembler anecdotique, d'autant que les conférences de presse des clubs sont rarement des mines d'information : on y parle cette savoureuse langue de bois à la sauce football : "l'important c'est les trois points" et "je prends les rencontres une par une...". Mais cette affaire illustre en réalité de complexes jeux de pouvoir. Organiser une conférence de presse, que l'on soit un club de foot, une entreprise ou un président de la République, c'est inviter les journalistes à écouter ce qu'on a à leur dire, mais c'est aussi accepter de répondre à leurs questions. Tout l'enjeu, de part et d'autre, est de peser dans ce rapport de force. Aussi, dans la lettre ouverte pour défendre L’Équipe, on lit ceci : « La liberté des journalistes de couvrir des conférences de presse sportives, économiques ou politiques, n'est pas négociable ». On se souvient qu'aux États-Unis, CNN a porté plainte contre la Maison-Blanche quand son journaliste s'est vu retirer son accréditation.  

D'après la rédaction de L’Équipe, le PSG leur reproche un article en particulier. On y lisait que les dirigeants du club envisageaient, en cas de lourde sanction financière, de se séparer de Neymar ou Mbappé. « S'il n'en reste qu'un » : c'était le titre à la une. Cette sanction, si elle intervenait, se ferait au nom du fair-play financier, qui impose aux clubs de ne pas dépenser trop. Mais concernant cette hypothèse de dire adieu à l'une de ses deux vedettes, le PSG a hurlé à la désinformation.  

L'article en question date du 8 décembre. Et on peut remarquer que les autres médias ont mis un moment avant d'afficher leur soutien à L’Équipe, sans doute parce qu'il n'est jamais simple de mettre son nez dans un tel conflit : on risque d'être à son tour persona non grata ! Pour ne pas être trop dangereux professionnellement, le soutien des confrères doit être collectif, massif. C'est une façon de rappeler à celui qui invite que son invitation n'a aucun sens si aucun journaliste ne répond présent. Que dans cette rencontre très spéciale qu'est une conférence de presse, chacun a besoin de l'autre, de chaque côté du micro.

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