Faute de médias, la Chine envoie des douaniers parcourir à cheval les régions les plus éloignées de son territoire. Et ça donne des photos de presse d’une puissance évocatrice vertigineuse, signées de l’AFP ou de l’EPA (European press photo agency).

Des policiers à cheval, portant des masques protecteurs, sur leur chemin pour rendre visite à des résidents vivant dans des régions éloignées (en l'occurrence ici la région du Xinjiang), afin de promouvoir la sensibilisation au coronavirus
Des policiers à cheval, portant des masques protecteurs, sur leur chemin pour rendre visite à des résidents vivant dans des régions éloignées (en l'occurrence ici la région du Xinjiang), afin de promouvoir la sensibilisation au coronavirus © AFP / STR

Fermez les yeux. Puisque nous sommes à la radio, vous êtes au cinéma. Imaginez le massif montagneux de l’Altaï qui s’étend sur 2 000 kilomètres au sud de la Sibérie. 

Imaginez une région appelée Xinjiang, littéralement « nouvelle frontière » (la frontière, toute l’affaire du western). Sauf que là, à la bordure de huit pays (la Chine, la Mongolie, la Russie, le Kirghizistan, le Kazakhstan, l’Afghanistan, l’Inde et le Pakistan), c’est un western de l’Est extrême qui se déroule sous nos yeux. 

Les chevaux ont de la neige jusqu’au poitrail et d’une tornade de blanc surgissent les cavaliers de l’Apocalypse. Au galop, lasso en main, fonçant droit sur la caméra. On dirait Les Huit salopards de Tarantino. D’ailleurs les masques de protection qu’ils portent tous sur la bouche rappellent les foulards dont les hors-la-loi se barraient le bas du visage. 

Images incroyables, hors du temps, de ces policiers qui sillonnent l’immensité du désert blanc pour dire l’épidémie. Pour rallier les fermes et les habitats les plus isolés. Pour y donner les consignes sanitaires de sécurité.

L’homme à cheval ira-t-il plus vite que le virus ? 

La mise en image de cette course contre l’invisible laisse tellement songeur… 

Songeur aussi… ce que l’on déduit de ces photos. On ne parle que de contrôle de l’information en Chine, jamais de ces régions entières hors de toute portée médiatique. 

Si lointaines que les messages de Pékin ne peuvent en atteindre les habitants ni par la télévision, ni par la radio, ni par Internet, ni par les journaux. Du moins est-ce trop incertain. Reste les messagers bravant, à l’ancienne, la tempête et le froid pour porter la nouvelle. A des citoyens qui ne savent peut-être rien. 

Et dire que nous, à 8000 kilomètres de la capitale chinoise, on scrute les faits et gestes du gouvernement pris dans une épidémie que le monde entier suit en temps réel.

L’information, à cheval.  

Les mêmes policiers, ailleurs
Les mêmes policiers, ailleurs © AFP / STR
Les mêmes policiers, ailleurs sur leur chemin
Les mêmes policiers, ailleurs sur leur chemin © AFP / STR
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