Aujourd'hui se tient au Tribunal de Commerce de Paris l'audience du procès intenté par Vincent Bolloré à France 2 pour un numéro de Complément d'Enquête consacré au milliardaire français.

Vincent Bolloré en 2014
Vincent Bolloré en 2014 © Getty / Chesnot

Ce soir-là sur France 2, on voyait des Camerounais manifester avec des pancartes « Nous sommes les esclaves de Vincent Bolloré ». C’était dans « Complément d’enquête », il y a deux ans. Le premier travail d’investigation consacrée par une télé à l’homme d’affaires breton. Le journaliste Tristan Waleckx a été couronné pour cela d’un prix Albert Londres. La chaine, elle écope de 3 procès, oui, j’ai bien dit 3 procès. 

A venir, un procès en diffamation qui se tiendra à Nanterre. Un second procès en diffamation qui aura lieu, lui, à Douala, au Cameroun dont la justice est l’une des plus corrompue au monde, notamment en matière de liberté de la presse. Sachez que la présidente de France Télévisions et son journaliste y encourent carrément de la prison ferme. Enfin, cette troisième procédure, inédite dans l’histoire du reportage télévisée : 5O millions d’euros de dommages et intérêts réclamés devant un tribunal de commerce pour « concurrence déloyale et dénigrement ».

Une plainte qui a très peu de chance d’aboutir.

Mais qui illustre parfaitement la stratégie de Vincent Bolloré. Pas moins de 50 journalistes, photographes, éditeurs, avocats et ONG ont été traînés devant les tribunaux ces dernières années. De nombreux confrères – dont deux de France Inter – signaient récemment une tribune dans « Le Monde » dénonçant des « poursuites bâillon ». La tactique consistant à attaquer tous azimuts, quitte à perdre ou à abandonner en cours de route, peu importe, du moment que cela dissuade d’enquêter sur les affaires du milliardaire.

D’ailleurs, France 2 sera demain le 4ème média, en deux mois, à passer devant un juge pour avoir chatouillé le système Bolloré en Afrique. Ainsi, le 25 janvier dernier s’ouvraient les procès de « L’Obs », du « Point » et de « Médiapart ». Décision de justice rendue ce jeudi.  

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.