Encore une équipe de BFM TV bousculée et insultée par des gilets jaunes ce week-end à Toulouse. La chaîne porte plainte.

BFM TV, chaîne de télévision d'information en continu
BFM TV, chaîne de télévision d'information en continu © AFP / Bertrand Guay

Oublions, un instant, la crise de confiance envers les médias et le mot fake news, devenu insulte à tout va. Si on ne se demande pas de quoi BFM est devenue le nom, alors on ne peut pas comprendre pourquoi BFM est devenue une cible

Les chaînes d’information apparaissent aujourd’hui comme le symbole de l’information. BFM TV est de loin la 1ère chaine d’info. S’attaquer à BFM TV, qu’on soit dans la rue contre la loi travail, qu’on soit cheminot ou gilet jaune, c’est s’attaquer à l’info. On peut avoir 1000 griefs contre le 20H de TF1, la matinale de France Inter, France 3 régions, Midi Libre ou Le Figaro, aucun de ces médias ne symbolise à lui seul la puissance, l’efficacité, mais aussi les dérives de l’info. BFMTV, si. C’est un symbole total. 

Or, au symbole, il faut ajouter un réflexe très actuel et très virulent. « Information » = « médias » = « du côté du pouvoir ». Ça vaut pour toutes les institutions médiatiques, mais rappelons que BFM a fait l’objet pendant la présidentielle d’un double matraquage d’extrême-droite et d’extrême-gauche visant à en faire « la télévision de Macron ». Depuis, les mêmes partis s’en sont donnés à cœur joie avec BFM pour pilonner Benalla et l’Elysée. Peu importe, ces accusations de « télé-Macron » ont laissé des traces. Dire sa haine de BFM TV, c’est dire sa haine du pouvoir.

Vous me direz, c’est paradoxal. Ces manifs sont un cri adressé au pouvoir et BFMTV en est la meilleure caisse de résonance. Alors pourquoi taper sur le messager qui porte votre message ? Justement, pour que le message soit colère dans le propos et dans son expression et parce que les gilets jaunes refusent tout intermédiaire. Je m’explique : attaquer BFMTV, c’est être vu. L’antenne touche 10 millions de téléspectateurs dans la journée et elle est allumée H24 dans tous les ministères. Les deux extrémités de l’échelle sociale convergent vers le même écran. Donc molester une équipe de BFM TV, c’est profiter de la visibilité qu’offre le média tout en fabriquant soi-même une séquence de la chaîne info. C’est vouloir faire BFM soi-même. Être l’auteur d’une image de violence que BFM va condamner mais à tous les coups diffuser quand même !  

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