Lady Hale, présidente de la Cour Suprême, s’est imposée comme l’incarnation de la démocratie dans les médias britanniques.

Lady Hale et le Prince Charles pendant une visite à la Cour Suprême
Lady Hale et le Prince Charles pendant une visite à la Cour Suprême © Getty / WPA Pool

En Grande-Bretagne, Lady Hale s’est imposée comme l’incarnation de la démocratie britannique. 

Tel était, en effet, le titre du Monde hier. Le quotidien français cherchant à comprendre l’engouement médiatique autour de cette magistrate de 74 ans qui occupe la très haute fonction de « présidente de la Cour suprême ». Avec calme et simplicité, elle a déclaré illégale la suspension du Parlement

Décision historique, certes, mais fonction qui ne prête pas tellement au buzz. Las, les internautes sont devenus dingues en commentant et détournant la broche en forme d’araignée qu’elle arborait ce jour-là. Sur le Web, elle s'est muée en une héroïne, pilier du Royaume, tenante des fondements de la Constitution face à l’incontrôlable Boris Johnson. 

Deux semaines auparavant, les médias anglais rendaient hommage à John Bercow, président de la Chambre des communes, conservateur grisonnant, qui va quitter ses fonctions après une décennie. Le rôle qui l’a rendu célèbre ? Distribuer la parole à l’Assemblée, avec son fameux "Order" (« Silence »), l’ordre au milieu du chaos. C’est dire combien les débats sur le Brexit ont remis le Parlement britannique au milieu du jeu médiatique. Restaurant, aux yeux de tous, sa fonction démocratique. 

Aux Etats-Unis, cette fois

L’année dernière, un biopic, accompagné d’un déluge d’articles sur Ruth Bader Ginsburg, RBG, doyenne de la Cour suprême. « Tant que je serai en état, je serai là », clame-t-elle du haut de ses 86 ans ! Donald Trump la déteste, ça a fait exploser la popularité de cette juge que les journalistes s’arrachent depuis le début du mandat. Elle est perçue comme la garante, mais aussi la mémoire, des libertés américaines.   

Décidément, le potentiel médiatique de ces hommes et ces femmes de lois, ces figures aux cheveux blancs, aux titres compliqués et intimidants… Chez nous, ce fut « le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris », dont on découvrit dès l’affaire Merah que ses compétences couvraient tout le territoire. François Molins à qui le directeur de la rédaction de Libération avait adressé une tribune titrée « Je vous aime », « dans un monde qui semble s’écrouler, vous apparaissez comme un point de repère ».

Pourquoi Lady Hale, John Bercow et Ruth Ginsburg sont-ils devenus ces stars inattendues des médias et des réseaux ? Parce que la politique perd la raison mais qu’eux incarnent la pérennité des institutions.  

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