Du charlatanisme en veux-tu en voilà qui s’abat sur les groupes Facebook où des internautes partagent, en ce moment, questions et réponses. Devant la multiplication de fake news, Facebook va filtrer les publicités mensongères sur le coronavirus.

Facebookva filtrer les fake news sur le coronavirus
Facebookva filtrer les fake news sur le coronavirus © Getty / SOPA Images

Elles sont légions. Un test de détection russe à se procurer sur le Web et à se fourrer dans le nez pour savoir si on est contaminé, de la bonne herbe de l’Ohio à fumer dès l’apparition des symptômes, de l’eau de javel à se tamponner sur les muqueuses, une plante qui soigne le Covid-19 et le Sida aussi, c’est pratique. Du charlatanisme en veux-tu en voilà qui s’abat sur les groupes Facebook où des internautes partagent, en ce moment, questions et réponses.  

L’entreprise a donc annoncé hier qu’elle allait interdire les pubs qui promettent n’importe quoi

Mais aussi celles qui « créent un sentiment d’urgence » du genre « vite, avant que l’épidémie ne vous fauche » ou bien abusent des « offres limitées », du genre « vite, avant que la pénurie ne vous en prive » ou encore « vite, avant que les prix ne montent ». 

D’ailleurs, les mesures prises part Facebook concernent le réseau aux 2,5 milliards d’abonnés, son extension Marketplace (une sorte de Bon coin où tout s’achète), mais aussi ses filiales Whatsapp et Instagram (respectivement 2 milliards et 1 milliards d'utilisateurs).

Vu l’exposition et la pénétration des messages qui circulent sur les plateformes susmentionnées, Facebook a pris conscience, dès la fin janvier, de son rôle dans la diffusion d’informations trompeuses en matière sanitaire. 

Les théories conspirationnistes sur l’origine du coronavirus, mais, plus ravageuses, celles qui convaincraient la population à ne pas se soigner. 

D’où les mesures suivantes : vérification des allégations (fact checking), suppression des propos jugés dangereux par les autorités de santé, renvois systématiques au site des gouvernements, crédits publicitaires offerts aux organismes de santé, blocage des hashtag douteux et notifications envoyées à toutes personnes qui répercutent des fake news sur l’épidémie.

Tout ça pour quoi ? 

Pour stopper la propagation d’infos qui favoriseraient la propagation du virus. Enjeu, donc, deux viralités parallèles, l’une physique, l’autre numérique. D’un côté, la capacité d’un contenu à être partagé sur Internet. De l’autre, la propension d’une maladie à se transmettre. De la « charge virale » biologique au « taux de viralité » informatique. 

Passionnant déplacement sémantique, vous ne trouvez pas ? Nos ordinateurs sont « virusés », nos vidéos, nos exploits, nos mots sont « viraux ». On ne s’en rend même plus compte, mais nous vivons dans un monde 2.0 où tout est affaire de contagion. Et il faut la menace d’un Covid-19, cas d’école pour Facebook, pour réaliser soudain que notre viralité virtuelle et obsessionnelle a pour modèle des virus bien réels.       

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