Ce soir, match de l’Equipe de France face à la Russie. Les joueurs tiennent à mettre en garde les journalistes.

L'équipe de France de Football en mars 2018
L'équipe de France de Football en mars 2018 © Getty / Frederic Stevens

On était, dimanche, tranquillement calé devant le  « Canal Football Club » de Canal+, histoire de contempler Paul Pogba, un prodige du foot qui ne parle jamais aux médias. Sauf dans cette émission. L'occasion d'un classique appel à la ferveur nationale avant une Coupe du monde. Pogba dialogue face caméra avec son meilleur pote, Antoine Griezmann, attaquant de son état qui glisse dans la discussion : "à nos amis journalistes, aidez-nous. Laissez la critique aux autres. Peu importe si on joue mal ou bien." 

Retour plateau. Le chroniqueur sportif Pierre Ménès - souvent prêt à dire une grosse connerie pour le bonheur de sortir une vacherie – joue au contraire les vigies et rappelle à bon escient que les journalistes n’ont pas à se comporter comme des supporters. 

Chacun son rôle. La presse doit conserver sa distance et son esprit critique que les couleurs du pays soient en jeu ou pas. 

Evidemment, tout resurgit

Le quotidien « L’Equipe » écornant un à un les choix du sélectionneur tricolore en 1998. Le triomphe des Bleus qui n’ont jamais pardonné. Le journal conspué. Didier Deschamps en était, capitaine des vainqueurs à l’époque, patron de l’Equipe de France aujourd’hui.

Mais Griezmann et Pogba ne sont pas, eux, les enfants de 98. Ils arrivent après les scandales et les fiascos qui ont suivi le triomphe et qui ont déchaîné la presse. Ils sont de cette génération à qui les médias demandent d’être exemplaires, d’être, par leur comportement, à la hauteur du drapeau qu’ils incarnent au risque, sinon, d’être qualifiés de « honte de la République ».

Or, c’est cette injonction, peut-être, qu’ils retournent désormais aux journalistes

Nous, sous la férule médiatique, on a joué le jeu du symbole national. A votre tour, maintenant. Puisqu’il s’agit de défendre la France, vous aussi, fermez-là et rangez-vous derrière une équipe censée nous  représenter tous.

Bref, des deux côtés, on a sans doute été trop loin. Des joueurs qui craignent tellement le faux pas qu’ils en viennent à se tenir le plus loin possible de la presse. Et une presse dont on attend qu’elle continue de faire son job, mais qu’on soupçonne parfois de ne pas juger les sportifs sur les bons critères

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