Pour le magazine “GQ”, en kiosque demain, l’homme politique de la décennie est… Christiane Taubira !

Christiane Taubira, nommée "homme politique de l'année", par le magazine GQ (avec à sa droite Béline Dolat, rédactrice en chef de QG), 26 novembre 2018.
Christiane Taubira, nommée "homme politique de l'année", par le magazine GQ (avec à sa droite Béline Dolat, rédactrice en chef de QG), 26 novembre 2018. © Getty / Foc Kan/WireImage

Pour le magazine GQ, en kiosques demain, l’homme politique de la décennie est… Christiane Taubira !

L’homme est une femme, donc. Et ça en dit long sur ces listes bizarroïdes de « ceux qui font ou feront l’année » et ces sacres de « Person of the year » qui peuplent la presse magazine. Plus partial et plus contestable, tu meurs. Vanity Fair vient de désigner le couturier Hedi Slimane 1er au classement des 50 Français les plus influents dans le monde. Il est passé devant Xavier Niel. Ah bon. On compare des gens carrément pas comparables sur des critères carrément pas objectifs. Rien à voir avec le classement des fortunes inventé par Forbes ou celui des actrices les mieux payées. Là, c’est de la donnée chiffrée. Mais pouvoir, influence, rayonnement, c’est très empirique. Du quasi pif. Est-ce pour autant le fond du seau journalistique ? 

Pas forcément. Publier un journal, c’est aussi faire un choix éditorial. S’engager. Il est des personnalités qu’une rédaction combat, d’autres qu’elle acclame, défend et fait grandir.

Que dit un magazine avec sa « personnalité de l’année » ?

D’abord qu’il a pour ambition de faire l’Histoire au sens où sa couverture voudrait, mieux que les autres, traduire l’époque, en demeurer le symbole. Insurpassable, celle du Time qui se loupe rarement affichant Hitler en 1938, Khomeiny en 1979, celles et ceux qui ont brisé le tabou des violences sexuelles en 2017. On attend 2018. 

Replongez-vous dans le premier numéro de L’Express en mai 1953. La liste de ceux qui inspiraient le nouveau magazine : Prévert, Cocteau, Merleau-Ponty, Le Corbusier, Malraux, Becket, Braudel, Thorez, Mendès, Boulez… Prenez le numéro anniversaire des 65 ans de l’Express en mai dernier. J’ai déjà oublié les 100 qui y étaient cités comme « inspirants ». A se demander si c’est la France qui est devenue triste à pleurer ou si c’est L’Express… Car ces choix de personnalités sont, par glissement, une affirmation identitaire et un pacte avec le lecteur. Têtu est revenu en kiosque avec nouvelle ligne et nouvelle formule. Le plus simple pour le signifier : une liste, dès le 1er numéro : « Les 30 LGBT qui bougent la France ».

Dis-moi, journal, qui tu aimes, je te dirais qui tu es. Dis-moi, journal, à qui tu t’identifies, je te dirais si je m’y identifie aussi.  

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