La police hollandaise produit son propre podcast pour tenter de résoudre un meurtre commis en 1991.

un podcast peut-il résoudre un meurtre ?
un podcast peut-il résoudre un meurtre ? © Getty / Ian Waldie

C'est une histoire atroce. Le corps d’un homme lardé de tant de coups de couteau et retrouvé dans un état de décomposition si avancé que la victime n’a jamais pu être identifiée. D’où cette série audio en trois parties conçue par les enquêteurs, 28 ans après, pour tenter de recueillir des indices. 

Ceci est une première. Vous me direz, des émissions qui aident à élucider un crime, ça a déjà existé, y compris en France. Vous aurez raison. « Crime en direct » de Jean-Marc Morandini et « Non-Elucidé » qui passait avant sur France 2, ont permis de démasquer des tueurs. 

Mais c’était de la télé. La police hollandaise, elle, a choisi le son. Popularité immense et intacte du fait divers radiophonique, évidemment. Les Fabrice Drouelle, Christophe Hondelatte et autres Pradel le savent depuis des lustres. Sauf qu’avec le podcast est né un nouveau genre audio. Non pas du récit d’enquête, mais des enquêtes à part entière. Des journalistes qui ré-ouvrent une affaire classée, et racontent leur investigation sur plusieurs épisodes, voire plusieurs saisons. Ça donne, aux Etats-Unis, "Serial", plus de 400 millions d’écoutes. 

Les policiers hollandais n’allaient-pas laisser ce privilège aux médias. Ils ont décidé de fusionner trois formats : 

  • la narration de faits divers, 
  • l’appel à témoin 
  • l’enquête elle-même. 

Succès d’audience apparemment, mais pas seulement. Les flics fourmillent de nouvelles pistes dans ce vieux dossier. C’est alléchant.  

Alors à quand, chez nous, un « Podcast de la Crim’ », un « Podcast de la BRI » ou de la gendarmerie ? Inenvisageable. En effet, en France, il y a un code de procédure pénale qui définit de manière stricte l’unique personne habilitée à communiquer les éléments d’une enquête. C’est le procureur. Que les policiers enregistrent un podcast sur une affaire en cours, cela revient à briser le secret de l’instruction et de la part des impétrants, à briser leur secret professionnel.   

Qui s’en plaindrait si, grâce à cela, on identifie un criminel ? Un avocat de la défense, par exemple, qui se servirait de cette médiatisation illégale pour démolir l’enquête… Non, vraiment pas possible. Quand on y réfléchit, le seul à pouvoir se lancer dans une émission audio, c’est le procureur. Et vu l’engouement des chaines infos et du public, pour les points presse de nos proc’, le « Podcast du procureur », il ferait un malheur !          

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