Aux Etats-Unis se prépare le Super Bowl, évènement suivi l’année dernière par 98 millions de téléspectateurs.

Des millions de téléspectateurs qui veilleront tellement tard ce dimanche qu’ils n’iront pas – en grande partie - bosser le lendemain. D’où le débat (c’est mon marronnier de l’année) : ne faudrait-il pas avancer la tant attendue finale du football américain au samedi soir ? Un ado de 16 ans, Franck Ruggieri, voudrait pouvoir suivre le match qui opposera les Forty Niners de San Francisco aux Chiefs de Kansas City, et aller à l’école le lendemain. Il vient donc de lancer une pétition pour inciter la Ligue, la NFL, à changer une habitude de diffusion prise il y a 54 ans. Réponse de la toute-puissante instance : la programmation de ce match relève d’une quasi religion nationale, cela reviendrait à avancer la messe du dimanche au samedi. Et puis quoi encore ? 

Les chiffres sont pourtant effarants. L’année dernière, on avait estimé à 39% des téléspectateurs ayant posé leur journée du lundi. Soit un manque à gagner de trois milliards de dollars pour l’économie locale. L’année précédente, le New York Post publiait la statistique suivante : un sixième de la population active américaine à l’arrêt le lendemain du match. Une entreprise pharmaceutique aurait même rebaptisée cette journée le « Super Sick Monday », le « lundi super malade ». Un quart des travailleurs absents seraient en effet frappés par la fièvre, 14% d’entre eux par des maux de gorge, 12% par des maux de tête. 

Heinz, géant de l’agro-alimentaire, s’était fait un coup de pub en 2017 en offrant le lundi à ses employés qui, comme tous les salariés américains, en ont très peu (10 en moyenne). Il faut dire que le Super Bowl est interminable. Pas loin de quatre heures. A cinq millions de dollars les 30 secondes de publicité, les chaines – CBS, en 2019, Fox cette année – font durer le plaisir. 

Sans oublier le « Pepsi half time show », c’est-à-dire le spectacle de mi-temps qui porte le nom de son juteux sponsor, Pepsi. Jennifer Lopez et Shakira au programme dimanche. Voilà pour l’exceptionnelle durée de cette soirée télé. Voilà pour les heures de sommeil sacrifiées. Auxquelles vous ajouterez les effets des 49 millions de bières ingurgitées devant le match. La messe est dite. 

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