Avant la fin de saison, première partie de notre bilan de santé du monde médiatique.

Il y eut, en ce début d’année, un enthousiasme réel face à la création de nouveaux projets et de nouveaux modèles. La saison s’achève sur une gueule de bois. Le cofondateur d’un site d’info me confiait cette semaine : "ll fut court le printemps des médias." 

De fait, deux magazines se sont lancés ex-nihilo, Vraiment et Ebdo. Tout le monde y a été de son analyse sur le renouveau du papier. Ils ont disparu des kiosques en quelques semaines. Dans le même temps, un géant de la presse, le groupe Lagardère, cédait sans crier gare Elle, Version Fémina, Télé 7 Jours et autre France Dimanche à un groupe tchèque. Un nouveau magnat, dénommé Daniel Kretinsky. Nul ne sait qui il est. A part qu’il devrait boucler aussi le rachat de Marianne. Ça fait beaucoup d’incertitude pour l’avenir de ces journaux et de ces journalistes. Enfin, L’Etudiant, canard de mes années lycée, s’est mis en grève pendant le bac. Sa version papier, on va abandonner.

Ca tangue aussi côté numérique… La fermeture brutale de BuzzFeed, en France (le tribunal de grande instance a suspendu hier cette décision prise par l’actionnaire américain) a mis le doigt sur la fragilité des modèles économiques du web. D’ailleurs, cette année, tous les médias numériques que j’ai reçus et qui font un super, super boulot, du Bondy Blog à Médiacités, en passant par Les Jours, cherchent de l’argent. Vous vous souvenez de Hebdi, le petit site qui a sorti le scandale du Samu à Strasbourg ? Il ne voit même plus comment s’en sortir. 

Et côté télé… Pas mieux. Canal+ s’est fait siffler le championnat de foot français par un groupe espagnol qu’il n’avait pas vu venir. Ça aura des conséquences pour la chaîne cryptée et pour le cinéma français, qu’elle finance. France Télévisions vit dans la tétanie, sommée, comme tout l’audiovisuel public, de se réformer, mais sans connaître le montant (peut-être astronomique) des économies que l’Etat va lui imposer. 

Le printemps des médias fut court. A la rentrée, l’hiver pourrait bien arriver. Rassurez-vous, demain, je vous raconterai l’été. Tout ce qui, cette année, a fourmillé. 

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