Hier, Jimmy Fallon, célèbre animateur de télévision américain, a demandé pardon pour s'être grimé en noir il y a vingt ans.

Jimmy Fallon, célèbre animateur américain
Jimmy Fallon, célèbre animateur américain © Getty / David Crotty/Patrick McMullan

Des personnalités photographiées avec maquillage marron, lèvres badigeonnées de rouge, perruque ridicule et rictus d’abruti. Il en y a eu plein. Du footballeur Antoine Griezmann au premier ministre canadien Justin Trudeau.

A chaque fois, scandale médiatique suivi d’excuses publiques. Mais à chaque fois, justification : « Comprenez-moi, j’ai agi sans conscience que c’était raciste ». Voire, dans le cas de la journaliste télé Megyn Kelly, refus, déni : « Franchement, je ne comprends pas le problème. Les blancs se déguisent en noirs, les noirs en blancs, et alors ? ». Donc, à chaque fois, explications. 

A force, les médias ont effectué un super boulot sur le sujet : cela renvoie à des spectacles burlesques du 19ème siècle américain, d’un racisme atroce. La scène et même le cinéma ont mis longtemps à se débarrasser des acteurs blancs peinturlurés en noir avec toute la charge caricaturale que cela suppose. Megyn Kelly a fini par comprendre. Trop tard, elle s’est faite virer de la chaine NBC. 

Jimmy Fallon aussi officie sur NBC où il anime un show du soir qui porte son nom.  Il est l’un des présentateurs les plus talentueux de sa génération. Avant d’avoir sa propre émission, il se produisait dans le célèbre « Saturday Night Live » où, en l’an 2000, il fit une parodie, blackface à l’appui, de Chris Rock, humoriste afro-américain. Un internaute retrouve la séquence et la poste. La twittosphère se déchaine annonçant « Jimmy Fallon est foutu ».  Sauf que le Jimmy Fallon n’a pas cherché à se défiler. Je le cite : « Mon imitation était indiscutablement offensante. Il n’y a aucune excuse à cela. Je vous remercie de m’en avoir tenu pour responsable ». 

Des mots impeccables. Ca nous change des animateurs franchouillards qui qualifient les réseaux sociaux de « tribunaux populaires ». Jimmy Fallon, lui, les considère comme un moyen offert au public de dire ce qu’il ressent face à la télé. Qui peut affirmer qu’il y a vingt ans, un blackface ne choquait personne ? Nul ne le sait, en réalité, puisqu’il y a vingt ans les personnes que ça blessait ne pouvait pas l’exprimer.

Ainsi Jimmy Fallon, du haut de sa toute-puissance médiatique ne se dit-il pas « victime » des réseaux sociaux. Il les « remercie », dans un dialogue d’égal à égal entre celui qui diffuse et ceux qui regardent. Il a tout compris. 

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