TF1 a surpris tout le monde en annonçant un accord avec Netflix.

Capture d'écran de la page d'accueil de Salto, la future plateforme commune à France Télévisions, TF1 et M6
Capture d'écran de la page d'accueil de Salto, la future plateforme commune à France Télévisions, TF1 et M6

C’est le retour des séries en costumes sur TF1 qui – fut un temps – brillait de ses Rois Maudits et autres Balzac… Ça va s’appeler Le Bazar de la charité. La troisième République en corsets et favoris. Contrairement à ce que vous pouvez penser, le XIXe français se vend très bien à l’étranger. La BBC vient même d’achever nos Misérables en série. 

Bref, TF1, consciente d’avoir tourné une série susceptible d’aiguiser les appétits, s’est empressée de la vendre à… Netflix. TF1 se garde le replay pendant 7 jours si vous avez manqué un épisode. Mais, dès le lendemain, Le bazar de la charité devient une série Netflix pour quatre ans et dans le monde entier. 

La plateforme vidéo française : Salto

Il y en a une qui a dû s’étrangler, c’est Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions. Elle s’est promis de ne plus laisser filer des feuilletons financés par le service public sur le site américain. Pour contre-attaquer (Netflix dépasse déjà les cinq millions d’abonnés en France), France Télé a même fait alliance avec TF1 et M6, décidés à mettre en commun les programmes des trois groupes sur une même plate-forme numérique, baptisée Salto

Ça en a fait glousser plus d’un. Sur Salto : Camping Paradis et Candice Renoir, donc, du franchouillard et du ringard. Sur Netflix, House of cards et Narcos, la crème de la création mondiale. Pas faux. C’est même pour ça que TF1, ayant des visées internationales avec sa saga chapeautée, s’en va voir Netflix et refera de même si le bilan est satisfaisant.

Faut-il enterrer Salto pour autant ?

Non, chez nous, ça peut marcher. TF1, M6 et France Télé, c’est 80% du temps que passent les Français devant la télé, une énorme force de frappe pour promouvoir un nouveau service, 800 millions d’euros dans la création audiovisuelle et des marques déjà ultra-puissantes sur Internet. Leurs programmes font des tabacs en replay. 

Alors, on y va ? Non, on attend le feu vert de l’autorité de la concurrence qui sait le marché français fragilisé mais à qui il faut des mois pour trancher. Pendant ce temps, TF1 signe avec Netflix. Preuve que les trois acteurs français ne font pas bloc (ce serait anti-concurrentiel), mais preuve aussi que si l’autorité n’accélère guère, même les bonnes volontés vont se disloquer.  

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