La naissance d'un géant français de la télévision a été annoncée ce week-end : la société de production Banijay vient d'acquérir Endemol Shine.

Quel est, à votre avis, le point commun entre ces trois voix ? Et bien ils sont tous dans la même maison, désormais ! J'ai choisi le Père Fouras de Fort Boyard sur France 2, Élisabeth Quin, présentatrice de 28 minutes sur Arte, et The Voice Kids sur TF1, mais j'aurais pu en prendre bien d'autres, tellement le catalogue est vaste. Les émissions de Cyril Hanouna. Koh Lanta. Miss France. Les séries Black Mirror et Peaky Blinders. N'oubliez pas les paroles, avec Nagui sur France 2. Et j'en passe. Tous sont désormais sous le même giron : celui de Banijay, qui vient d'acquérir Endemol Shine.

C'est une opération comme il n'y en a pas eu depuis plusieurs années sur ce marché. Et c’est la preuve qu'il reste des acteurs pour croire en l'avenir de la télé. Banijay est une société de production créée et dirigée par Stéphane Courbit. Ce dernier achète beaucoup plus gros que lui et devient ainsi un ogre du secteur, le leader mondial en matière de flux (c'est à dire les magazines et émissions de divertissement). Montant de la transaction estimé à deux milliards d'euros.

Stéphane Courbit fait donc le pari de la télé de flux, à l'heure où les géants du streaming sont plutôt en demande de fictions et de séries. Certains y voient de l'audace, d'autres de l'inconscience, surtout parce qu'Endemol Shine est très endettée.

Mais le plus frappant, dans cette histoire, c'est que la concentration s'accélère dans le secteur de la production télé. D'ailleurs, chacune de ces deux entreprises, Banijay et Endemol Shine, a grandi par acquisitions successives. Petit à petit, les boites de production se rapprochent, se rachètent, fusionnent, comme si au final il ne devait en rester qu'un. Et quelle est la conséquence probable de la concentration? C'est l'effacement des singularités. 

Il y a une quinzaine d'années, chaque société de production déterminait sa ligne, sa couleur, imprimait sa patte sur ses émissions de télé. Aujourd'hui, le nombre d'acteurs sur ce marché féroce se réduit comme peau de chagrin. Pour faire le poids face aux plateformes, il faut être un mastodonte. Le nouveau mastodonte, en l'occurrence, est français, cocorico. Mais il peut laisser craindre l'uniformisation inéluctable des contenus télévisés.

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