Dans la guerre entre Donald Trump et certaines figures de la Silicon Valley, un nouvel épisode va avoir lieu cet après-midi.

De gauche à droite : le PDG d'Alphabet (Google) Sundar Pichai, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg et le PDG de Twitter Jack Dorsey
De gauche à droite : le PDG d'Alphabet (Google) Sundar Pichai, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg et le PDG de Twitter Jack Dorsey © AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, Jim WATSON, Fabrice COFFRINI

Jack Dorsey, Sundar Pichai ET Mark Zuckerberg : il y aura du beau monde, cet après-midi, devant le sénat américain. Les patrons de Twitter, Google et Facebook devront répondre aux questions d’une commission sénatoriale. Et ça risque de saigner.
 

Le sujet, c’est la section 230. C’est un texte américain très important, qui établit que les plateformes du numérique ne sont pas responsables de tous les propos des internautes - leur seule obligation, c'est de supprimer les contenus illégaux, mais pour le reste, elles font ce qu’elles veulent.
 

Alors, “Est-ce que cette immunité est à l’origine des mauvais comportement des géants de la tech ?” Cette question, ce n’est pas moi qui la pose, c’est carrément le titre officiel de cette audition au sénat. Ca promet.
 

Alors les mauvais comportements en question, c’est quoi ? Pour les Républicains, à commencer par Donald Trump, les réseaux sociaux profitent de cette liberté pour censurer les idées conservatrices, au mépris de la liberté d’expression. L’accusation n’est pas nouvelle, mais à quelques jours de l’élection présidentielle américaine, elle encore plus forte. Exemple : le républicain Ted Cruz (qui les interrogera tout à l’heure), a accusé les plateformes d’interférer activement dans l’élection, en favorisant le candidat Biden : c’est une accusation très grave.
 

Et pourtant, les chiffres ont plutôt tendance à démontrer l’inverse : sur Facebook par exemple, les contenus politiques les plus viraux sont quasiment systématiquement pro-Trump.
 

Mais le président américain a vu d’un très mauvais oeil les offensives des réseaux sociaux contre les discours de haine et les fausses informations - qui ont parfois visé ses propres tweets.
 

Et pourtant on entend souvent dire que les réseaux sociaux n’agissent pas assez....

Alors oui, et ça c’est le point de vue des démocrates, qui eux aussi envisagent de modifier la section 230. Pendant que les républicains se plaignent que les plateformes censurent trop, les démocrates, eux, leur reprochent de ne pas en faire assez contre la haine, le harcèlement, les théories du complot et les fake news.
 

Alors autant vous dire que cet après-midi, les trois patrons vont essuyer des coups de tous les côtés. Et il va falloir montrer patte blanche, car l’enjeu est doublement important pour eux.
 

D’abord, cette section 230, elle est cruciale : si leurs plateformes deviennent soudainement responsables de tout ce qui est publié chez elles, ce serait ingérable disent-ils, autant fermer boutique.
 

L’autre enjeu, c’est évidemment l’élection du 3 novembre. Les réseaux sociaux subissent une pression inédite, et ils se préparent déjà au pire scénario. Celui où aucun résultat clair ne se dessinerait le soir de l’élection et où ils deviendraient le champ de bataille de revendications de victoire infondées, d’accusations de fraude électorale... Et ils le savent déjà : en cas de dérapage, rien ne leur sera pardonné.

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