La chanteuse Joyce Jonathan a été obligée de présenter des excuses après une participation désastreuse à "Fort Boyard"

Sur le papier, on s’en contre-fiche

Le programme ne fait plus parler de lui depuis qu’on y a supprimé l’épreuve du cylindre que des candidates devaient chevaucher, seins écrasés et popotin relevé. Fort Boyard, c’est de la télé du samedi soir, dont le seul enjeu est de faire gagner un peu de sous à une association. 

Pas de chance, ce week-end, l’équipe des shortys bleus a perdu lamentablement. La dite starlette, Joyce Jonathan, s’est rétamée à cinq épreuves d’affilée (ce qui n’arrive jamais). Mais, à regarder ce calvaire du tapis roulant au-dessus duquel elle devait décrocher des seaux d’eau pleins à ras bord, on avait simplement mal pour elle. 

Les téléspectateurs n’ont pas fait preuve d’autant de commisération

Sur les réseaux sociaux, la jeune femme a reçu un torrent d’insultes et d’invitations à se donner la mort. Elle avait pourtant raconté à Télé-Loisirs, en riant, avant la diffusion, combien elle était malade le jour du tournage et combien, en toute lucidité, elle se voyait échouer. 

Mais pas grave, Fort Boyard, c’est le jeu familial de quand on était petit. 

Les réseaux sociaux ont désormais la capacité de transformer un divertissement potache et bienveillant en machine à broyer 

Dans Fort Boyard, on n’est pas livré à la peur et à la faim, ni au vote éliminatoire des propres membres de son équipe. On n’est pas livré aux sadiques obsessions d’un Cyril Hanouna, ni même aux chroniqueurs de Ruquier payés pour vous déchiqueter. Dans « Fort Boyard », on ne cesse d’encourager les candidats. 

À l’antenne, c’est vécu de la première à la dernière minute comme un jeu. 

Pas sur Twitter, machine à broyer. Broyé parce qu’on a raté. 

On glose beaucoup sur les différents motifs de l’intolérance numérique. Mais il est un critère que l’on pointe rarement : la performance. Sur les réseaux, on ne peut faillir. La faiblesse, fusse-t-elle anodine, est un crime. Sa punition, virtuelle et collective, en est la conjuration. Que celui qui perd meure. Ceux ne jouent pas se sentiront plus forts. 

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Les réseaux sociaux ont désormais la capacité de transformer un divertissement potache et bienveillant en machine à broyer. © AFP / LEROY Francis / hemis.fr
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