C’est la photo d’une influenceuse, Louise Aubery. La semaine dernière, elle a publié une image d’elle un peu princesse, coiffée d’une couronne, avec à la main un éventail de billets de banque. Mais quand on regarde de plus près, on s’aperçoit que sa couronne est en fait composée de tampons hygiéniques.

Son objectif, avec cette image, c’est de faire parler de précarité menstruelle. Elle rappelle que près de 2 millions de personnes en souffrent en France, et qu’elles sont contraintes, écrit-elle, “de choisir chaque mois entre acheter une boîte de tampons ou avoir assez à manger à la fin de la journée”.

Alors pour les aider, elle a fait une proposition aux internautes : à chaque partage de sa photo, une boîte de protections sera donnée à une association.

Et c’est un énorme succès : la photo inonde les fils Instagram des utilisateurs français, elle récolte plus d’un million de “j’aime”, et d’innombrables partages, censés se convertir en dons de tampons et serviettes.

L’initiative a aussi généré beaucoup d’indignation, notamment chez certaines féministes.

D’abord, il a celles qui critiquent l’instagrameuse : elles l’accusent de glamouriser la précarité menstruelle, et de se faire de la publicité.

D’autres refusent de s’en prendre à elle, mais sont en revanche très virulentes à l’encontre de… Nana, la marque de protections périodiques . Car celle-ci participe à l’opération, et ça, ça ne passe pas. Selon ces internautes, Nana fait du “feminism washing” : c’est le fait, pour une marque, de se revendiquer féministe, afin de se donner une bonne image. Mais ses détractrices estiment au contraire que l’entreprise trahit les femmes.

Premièrement, parce qu’elle refuse, depuis des années, de détailler la composition de ses produits, soupçonnés d’être toxiques.

Mais aussi parce que cette marque, comme d’autres, participerait elle-même à la précarité menstruelle. En 2016, la TVA sur ces produits a été réduite, elle est passée de 20% à 5,5%... Mais les prix des protections, eux, n’ont pas autant baissé, et c’est ce que dénoncent plusieurs associations, qui estiment que ces entreprises en ont profité pour augmenter leur marge.

En tout cas, malgré le flot de reproches, Louise Aubery n’a pas renié son initiative, elle l’a même défendue : “Pour pouvoir reverser des protections”, dit-elle, “il faut bien que les marques puissent en fournir”. Mais elle semble néanmoins ouverte à certaines critiques. La preuve : elle vient de lancer un nouvel appel à destination des marques de protections périodiques… bio, cette fois-ci.

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