Verdict demain, pour les quotidiens de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane.

Le groupe France-Antilles est en cessation de paiement depuis le 31 mai. Le tribunal de commerce va se prononcer sur le maintien en vie ou non des trois éditions. Or, la Guyane n’a déjà plus ni papier, ni fournitures et n’a, hier, pas pu imprimer son journal. Nos concitoyens sont donc, là-bas, privés de quotidien. France Guyane a publié un texte sur son site, parlant pudiquement de sa situation « délicate » et de sa tristesse à n’avoir pas pu assurer la parution une dernière fois. 

Car si, demain, le Tribunal de Commerce sauve ces titres, ce sera évidemment au prix d’un lourd plan social, mais peut-être aussi pour en changer la périodicité. On s’attend à trois éditions papier par semaine. Plus serait inespéré.  

Cela peut vous paraître anecdotique, ça ne l’est pas. Avec mon ami Cyril Petit du Journal du Dimanche, on s’est lancé dans un tour de piste des quotidiens régionaux. Verdict : notre pays compte un précieux maillage. Les déserts de presse – qui font des ravages sur la démocratie locale américaine, par exemple – n’existent pas chez nous. Tous nos départements possèdent au moins un quotidien, comme la Marne par exemple. Certaines régions sont beaucoup plus gâtées, comme les Hauts de France, la Normandie, la Bretagne. Mais pas de zone blanche en France métropolitaine. 

En Outre-mer, parmi les 5 départements, Mayotte n’a plus de journal imprimé depuis 4 ans, mais des éditions disponibles seulement en numérique. Imaginez que les quotidiens guadeloupéens, martiniquais et guyanais disparaissent à leur tour des kiosques, il n’y aurait plus que La Réunion qui posséderait encore une presse quotidienne régionale, avec ses deux titres Le Quotidien de la Réunion et le Journal de l’Île de La Réunion. Le seul et dernier département d’Outre-mer à avoir ses journaux !

Comme si lire la presse sur le Web remplaçait naturellement la presse ! Non. Vous êtes nombreux, déjà, à devoir faire des kilomètres pour trouver un marchand de journaux. Nombreux, bientôt, à habiter des régions privées de papier. Mais nombreux également, c’est le cas des des Guyanais, à n’avoir pas ou peu de débit internet. Bref, avec les manifs en jaune, on a beaucoup parlé d’iniquité territoriale. On a parlé d’accès aux services, aux administrations, à la culture, à l’emploi. En matière d’accès à l’information, aussi, l’écart se creuse entre les Français. 

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