Le milliardaire américain Elon Musk s'apprête à créer "Pravduh", un site destiné à noter les journalistes.

Vingt-cinquième personnalité la plus influente au monde, selon le dernier classement Forbes qui évalue sa fortune à plus de vingt milliards de dollars : rien ne résiste à Musk. Ni les frontières de l’espace, ni celles de la biologie, ni celles des énergies terrestres. Il peaufine son projet de colonie humaine sur Mars. Mais d’ici là, le gros de son business se fait dans la voiture électrique haut de gamme, Tesla. 

Bien mal en a pris à la presse américaine d’en critiquer les dernières productions, pointant des pièces défectueuses, des distances de freinage record, voire une technologie d’assistance au conducteur probablement à l’origine d’accidents. Les questions d’analystes financiers ennuient Elon Musk, celles des journalistes l’outragent. 

Le voilà qui annonce sur Twitter la création d’un site permettant à chaque internaute de noter la crédibilité des journalistes. 

Lui en conspue les mensonges, et baptise son outil d’évaluation pravda.com. Rien ne résiste à Elon Musk, rien. Pas même la mémoire d’une des pires machines à broyer les hommes et la liberté de penser. Faisons-en une blague. Ah non, pas possible, Pravda, c’est déjà pris. « Problème réglé, j’ai pu acheter le nom Pravduh », tweete le milliardaire qui conclut son message par « game on » : « la partie peut commencer ». Aux dires des anglophiles, cette terminaison en « duh » rend la chose encore plus moqueuse. 

Parmi les empereurs des nouvelles technologies, deux familles. Ceux qui rachètent la presse et ceux qui l’écrasent. Jeff Bezos, patron d’Amazon, s’est offert le Washington Post dont il fait un journal incroyablement fort. Côté Facebook et Google, on a rendu les médias dramatiquement dépendant d’algorithmes qu’ils ne maîtriseront jamais. Pire, on les arrose d’aides financières que l'on distribue, puis que l'on coupe à l’envie. Qui a le pouvoir à votre avis ? 

Elon Musk crée un nouveau club des puissants : ceux qui ridiculisent les journalistes en en appelant à la vindicte populaire. Comme Trump, comme d’autres. Ca en dit long sur la façon dont ce grand patron veut se placer dans le débat public. Or, ce n’est plus tout un discours de business man, c’est frappant, mais de politique. Alors méfions-nous des cyniques. 

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