Nabil Karoui, le propriétaire d'une grande chaîne de télé privée tunisienne, se présente à l'élection présidentielle.

Nabil Karoui
Nabil Karoui © AFP / FETHI BELAID / AFP

Nabil Karoui, propriétaire d’un vaste groupe de communication qui porte son nom, et fondateur de Nessma Tv. Il est le premier. Aucun parti n’avait encore présenté de candidat au scrutin de novembre. Il rompt avec la traditionnelle trêve du ramadan. En outre, Nabil Karoui s’est servi de sa propre antenne pour le faire savoir.

Le patron de Nessma Tv interviewé sur… Nessma Tv, laissant présager d’un inquiétant mélange des genres. Vous me direz, parmi les actionnaires de Nessma Tv, on trouve Silvio Berlusconi, LE magnat des médias qui s’est servi de ses chaines pour conquérir le pouvoir. Ca inquiète la HAICA, équivalent de notre CSA, qui livre une bataille qualifiée, par certains, d’acharnement politique contre Nessma TV. Récemment, l’autorité de régulation a fait envoyer cinquante camionnettes de police pour saisir du matériel de diffusion au siège de la chaine. Motif ? La licence de Nessma ne serait pas en règle. Faut dire … dans son histoire, Nessma a souvent joué les troublions. 

Lancée en 2007, la chaine commence en programmant… Star Academy Maghreb ! Financièrement fragiles, et éditorialement sans intérêt à ses débuts, il faut attendre 2011 pour que Nessma se démarque dans le paysage audiovisuel tunisien. Suite à la diffusion de Persepolis, film de Marjane Satrapi, la chaine est accusée de blasphème. L’immeuble de Nessma ainsi que le domicile de son patron sont cibles d’attaques salafistes. La même année, pendant les printemps arabes, Nessma brise l’omerta médiatique sur les évènements, accueille les premiers débats politiques du pays et diffuse une interview de Beji Caïd Essesbi, l’homme qui deviendra président. Avec le soutien de Nabil Karoui, candidat aujourd’hui.

Nabil Karoui se présente avec un discours simple, pour ne pas dire simpliste. Il s’est fait connaître grâce à des actions de charité menées dans tout le pays, à grand renfort de publicité, soulignent certains. Il n’empêche, Nabil Karoui sillonne avec son association, depuis trois ans, une Tunisie profonde qu’il dit « oubliée des pouvoirs publics ». Et à ces « invisibles », il consacre une émission de télé tous les jours à 19 heures, "Khalil Tounes", émission que l’autorité de régulation a tenté de faire cesser tant elle sert l’image du patron de la chaine. Mais celui-ci se dit « libre » et se sait massivement regardé dans tous les pays arabes. 

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.