Philippe Gildas, qui est mort hier, est resté pour beaucoup "monsieur nulle part ailleurs", animateur emblématique de cette émission sur Canal Plus. Mais avant cela, il a aussi inventé un concept à la radio... celui de la matinale d'info !

Philippe Gildas en 2010
Philippe Gildas en 2010 © AFP / Lionel Bonaventure

Eh oui, ça semble évident aujourd'hui, d'être réveillé par deux journalistes sur une radio généraliste comme France Inter. Mais avant Philippe Gildas, le matin à la radio, il y avait plutôt des animateurs qui faisaient des blagues entre deux journaux. C'est à France Inter, où il est passé très peu de temps, que Gildas a testé la formule qu'il a ensuite reprise, sur la longueur, à Europe 1 : la matinale d'info. Ce qu'il appelait le journal en continu. 

Bon, ça c'était juste pour le plaisir de vous embrouiller les aiguilles. Il est bel et bien 8h50, à l'heure d'hiver. 

La matinale de Philippe Gildas sur France Inter, c'était en 1974. L’année de la mort de Georges Pompidou. 

La matinale de Philippe Gildas entre 6h et 9h a duré un an à peine, et pourtant elle a tout changé. Depuis, toutes les radios généralistes confient leur tranche matinale – c’est le prime time en radio - à un ou une journaliste fil rouge, anchorman

Gildas était un inventeur, un créateur de formats. Ceux qui ont travaillé avec lui à l'époque, comme Jean-Luc Hees ou Arlette Chabot, se souviennent surtout d'un journaliste à l'exigence hors du commun, qui les faisait souvent refaire et re-refaire. Il savait aussi comment "vendre" l'actu, au sens le plus noble du terme : la rendre accessible à tous, intéresser les gens

Arlette Chabot, pour qui c'était la toute première expérience professionnelle - elle présentait ce qu'on appelait « les télégrammes » à l'époque : un rappel des titres de l'actualité, tous les quarts d'heure - était impressionnée par sa rigueur. Et par son talent pour dénicher les infos que personne à la rédaction n'avait repérées, et qui devenaient essentielles. C'est ce qu'on appelle avoir le sens de l'info. Arlette Chabot préfère dire qu'il avait « du pif ». C'est amusant parce que Philippe Gildas, pour l'un de ses livres, avait choisi comme titre : Comment réussir à la télé quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles ? De grandes oreilles et un sacré pif, donc.  

Et sur France Inter, Antoine de Caunes rendra hommage à Philippe Gildas aujourd'hui dans un "Pop Pop Pop" spécial, avec notamment Bruno Gaccio et Pierre Lescure. Rendez-vous à 16h. 

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.