Quand un film déjà diffusé au cinéma devient une série sur Netflix ... C'est ce qui arrive à un long métrage de Quentin Tarantino, sorti en 2016 : "Les Huit Salopards".

Samuel L. Jackson dans "Les Huit Salopards" de Tarantino
Samuel L. Jackson dans "Les Huit Salopards" de Tarantino © SND

Je préviens d'emblée les fans français de Tarantino : vous n'êtes pas concernés pour l'instant, la série est diffusée sur Netflix aux États-Unis. Mais cette affaire raconte bien des choses sur les nouveaux usages de consommation culturelle. Les Huit Salopards, c'est un western riche en hémoglobine et en tempête de neige, avec Kurt Russel et Samuel L. Jackson. 

Ce film devient donc une mini-série - Mais il ne s'agit pas d'une adaptation

Non, Les Huit Salopards ont simplement été découpés en tranches (enfin pas eux, le long métrage), pour devenir quatre épisodes de 50 minutes. Bon, j'exagère un peu : on y trouve des images inédites, qui avaient été coupées au montage.  

Reste que la démarche est étonnante. Netflix n'a aucune contrainte de durée sur sa plateforme de vidéo à la demande, et pourrait tout à fait proposer une version longue du film de Tarantino. Pourquoi le diviser en épisodes? 

Il serait absurde de hurler au sacrilège

Ce nouveau format est sans doute approuvé et même voulu par le réalisateur. Il traduit une volonté de s'adapter à l'air du temps (celui de la série). Mais il est surtout intéressant au regard de la bataille féroce que se livrent Netflix et le monde du cinéma depuis des années. Ces derniers-temps, le géant américain du streaming avait à cœur de prouver qu'il respectait le cinéma. Il est même en train d'acheter une salle à Los Angeles, une vraie, avec un grand écran et des fauteuils.

Et voilà que ce film tronçonné en épisodes vient nous rappeler que le format, pour Netflix, n'a aucune importance

On peut presque y voir un message à ceux qui établissent une hiérarchie entre le cinéma et les séries. Une façon de leur dire : tout ça, c'est juste du contenu. 

Rappelons que Tarantino sort un nouveau film cet été. Il souhaite sans doute se rappeler au bon souvenir du grand public quelques semaines avant. Et puis il y a un détail amusant. Ce cinéphile maniaque avait tourné Les Huit Salopards en 70 millimètres. Plus précisément, en ultra Panavision 1970 : un format qui avait disparu depuis les années 1960. Ce film est donc né en ressuscitant une pellicule oubliée et il poursuit sa vie sur une plateforme régulièrement accusée d'assassiner le cinéma ! Pas impossible que ce soit fait exprès.

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