Crise ouverte en Grande-Bretagne : la BBC supprime 450 postes au sein de sa rédaction.

Je vous plante le décor : à deux jours du Brexit, avec, en sus, un directeur général, Tony Hall, qui démissionne. Imaginez la tension. Pourtant le plan d’économie (massif) date d’il y a longtemps. Mais il se télescope avec les nouvelles menaces que le gouvernement de Boris Johnson fait désormais peser sur l’audiovisuel public anglais.

C’est Fran Unsworth, directrice de BBC News, rédaction qui alimente les télés et les radios du groupe, qui s’est chargée des annonces hier auprès de ses équipes. 80 millions de livres, soit 95 millions d’euros, d’ici à 2022, voilà l’objectif pour BBC News. Ca signifie 450 emplois effacés, « pour pouvoir investir sur le numérique », insiste la patronne. Parmi les émissions les plus concernées par les réductions de coûts : Newsnight, sur BBC Two à 22H30, le magazine qui a récemment obtenu l’incroyable interview du Prince Andrew à propos de ses liens avec le milliardaire Jeffrey Epstein.

Touchée aussi l’émission de Victoria Derbyshire, animatrice multi-primée, à 10 heures du matin chaque jour de la semaine. Il y a une pétition en ligne contre l’arrêt de ce rendez-vous. Touché, enfin, le programme d’info du matin de la BBC World service, c’est-à-dire l’audiovisuel extérieur, équivalent de notre France 24.

Tout cela n’étant évidemment qu’une goutte d’eau dans les restrictions globales auxquelles la BBC doit consentir depuis 2010, 800 millions de livres au total, qui se sont traduits par des plans sociaux successifs, montant certaines années jusqu’à 1000 emplois supprimés. Pas nouveau, donc, mais la mesure affaiblit le corps le plus attaqué de la BBC aujourd’hui : les journalistes.

Après ces mois de mouises politiques autour du Brexit, la confiance qu’accordent les Anglais aux infos de leur vieille « Beeb » s’avère en chute libre. Quant à Boris Johnson, le nouveau premier ministre, il a le triomphe vengeur. Il reproche à la BBC d’avoir manipulé l’opinion durant sa campagne et il a pris en grippe deux des grands intervieweurs politiques de la maison. Il demande donc à son secrétaire au Trésor de réfléchir à une baisse de la redevance et des amendes destinées à ceux qui ne la paieraient pas. 

Bref, la BBC a de quoi trembler. Sous la pression, son directeur général, Tony Hall, a déjà annoncé sa démission la semaine dernière. Le nom de son successeur n’est pas encore connu.

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