Un collectif de journalistes indépendants ont créé un site qui recense le tarif des piges dans chaque média.

Quel est le prix de vos informations ?
Quel est le prix de vos informations ? © Getty / Mihajlo Maricic / EyeEm

Le collectif s’appelle Paye ta pige. Il répond au ras-le-bol de professionnels free lance, jeunes mais pas forcément, qui travaillent dans la presse écrite, le web et l’audiovisuel. Qui, souvent, sont payés au lance-pierre. Qui, souvent, remuent vents et marées pour être payés tout simplement. 

En outre, Paie ta pige dénonce l’opacité d’un marché ou les employeurs rémunèrent un coup en salaire, un coup en droit d’auteur, un coup en facture ce qui, par exemple, prive le collaborateur d’indemnités maladie et maternité, chômage, retraite, indemnité de licenciement… ainsi que de la convention collective des journalistes. 

Par ailleurs, le collectif a décidé d’afficher les tarifs. 74 euros le feuillet (1500 signes) au Monde, 66 au Figaro, 60 à Elle, 55 aux Inrocks, 50 à Témoigage Chrétien, 40 aux éditions départementales de Ouest France. 70 brut à Médiapart (enquête comprise, donc), 30 pour une photo ou un dessin de presse. Society paie à la page : 130 bruts. Et seulement 30 euros pour un article rédigé à la rédaction sans interview. Slate offre 106 euros pour un papier de 12 000 signes. C’est 1400 euros les 4 pages dans Paris Match, 158 euros bruts la journée de journaliste reporter d’image chez BFMTV, plutôt 120 à France télé. 750 euros les trois pages dans Okapi. Etc… 

Plusieurs médias râlent déjà, arguant que ces montants (pourtant communiqués par ceux qui ont été ainsi payés) ne sont pas tout à fait exacts. Paye ta pige les invite à dévoiler leurs prix. Car derrière cet effort de transparence, il y a une volonté de cartographier ce qu’on pourrait appeler le « prix de l’info ». C’est à dire combien cela coûte à une entreprise de presse et combien cela rapporte à ceux qui tentent d’en vivre. Les deux vont ensemble. Si nous, consommateurs, refusons de payer l’info, comment imaginer que sont rémunérés ceux qui la fabriquent ?  Voilà, les journalistes sont rangés tour à tour du côté des privilégiés ou des damnés. Cessons les fantasmes. Donnons une réalité à la précarité. L’initiative revient à une consœur, Nora Bouazzouni. Ca avait commencé par un Tweet : « Allez, je me sors les doigts, C'EST PARTI. Freelances, envoyez les tarifs des médias avec lesquels vous collaborez, avec le max de détails ». 

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