La série américaine Roseanne, fait un retour triomphant aux Etats-Unis. 18 millions de téléspectateurs à 20h. Inimaginable à l’heure des replays et de la VOD. La sitcom avait disparu des écrans depuis 21 ans. Mais elle est restée l’étendard d’une Amérique ouvrière blanche.

Roseanne Barr, qui a donné son nom à la série Roseanne
Roseanne Barr, qui a donné son nom à la série Roseanne © ABC/Adam Rose

Bienvenue dans le quotidien très remuant de la famille Conner en Illinois

Les parents sont gros, portent casquettes, permanentes et chemises de bûcheron. Je vous recommande le père, John Goodman, acteur génial des frères Cohen. On s’engueule, on picole devant les matchs, le salon déborde de fringues et de jouets pas rangés, les marmots cavalent. Drogue, grossesse précoce, sexualités diverses et variées, couverture santé, salauds de patrons et fin de mois dans la dèche : tout, tout est déballée dans cette comédie tournée, comme il se doit, en public. Il n’y a que dans la version française que vous avez eu droit à des rires enregistrés.    

« La famille qui nous ressemble », clame la bande annonce, « qui vit comme nous et qui rit comme personne ». Promesse d’une télévision miroir. 

Dans le rôle de la mère, Roseanne Barr qui donne son prénom à la série et qui la coécrit depuis sa création. Cette humoriste de 62 ans maintenant, s’est engagée en politique locale. Elle a surtout appelé à voter Trump, à l’instar de son personnage à l’écran qui cite tout le temps « Fox News » et qui défend le président, s’écharpant pour cela avec son hystérique de sœur.   

Force est d’admettre que cette Amérique-là se sent abandonnée des médias, largement majoritaire dans la population, nettement minoritaire en termes de représentation. D’autres séries se sont aventurées depuis dans la low middle class, elles sont rares néanmoins. 

« Roseanne » demeure un marqueur

Son retour en fait un symptôme. Celui d’une catégorie sociale qui prêtait à la grosse marrade en 1988, mais qui a pris le pouvoir aujourd’hui, en 2018. D’ailleurs, qui a passé un coup de fil, le lendemain de la diffusion à Roseanne Barr ? Donald Trump himself, évidemment.

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