Un sondage sur la tenue des filles, commandé par le magazine "Marianne" et réalisé par l’Ifop, a mis hier le feu aux poudres.

Le sondage pose la question suivante : "Souhaitez-vous que les lycées publics autorisent ou interdisent aux filles le port des vêtements suivants dans l'enceinte de leur établissement ?" © Capture d'écran
Le sondage pose la question suivante : "Souhaitez-vous que les lycées publics autorisent ou interdisent aux filles le port des vêtements suivants dans l'enceinte de leur établissement ?" © Capture d'écran

Dans la foulée du mouvement des jeunes revendiquant la liberté de s'habiller, et d’un ministre s'en remettant à "la tenue républicaine", Marianne a voulu savoir ce que les Français estimaient être une "tenue correcte" pour une fille au lycée. "Question légitime puisque cette question est laissée à l'entière appréciation du personnel éducatif", appuie l’Ifop qui tombe franchement des nues face à la polémique. L’institut pense avoir sérieusement fait son boulot comme il "mesure depuis 50 ans l'opinion sur toutes les questions de société en lien avec le corps des femmes".

Tous les ingrédients étaient néanmoins ici réunis pour faire rugir les tenants de l’émancipation féminine, voire du bon sens, tout simplement.
D’abord, le descriptif des vêtements sujet à caution. Première proposition : "Un haut sans soutien-gorge au travers duquel la pointe des tétons est visible". C’était pour évoquer le mouvement "No Bra" se défend l’Ifop… Peut-être, mais présenté comme ça, avec les seins qui pointent et tout et tout, évidemment  que 66% du panel est  pour l’interdiction dans l’enceinte des lycées ! 

Faut voir, aussi, les pictogrammes ajoutés par l’institut pour agrémenter sa présentation. Des bustes féminins sans bras ni tête, mais affublés d’énormes nibards qui débordent du mini morceau de tissu censé correspondre à la ligne "un tee-shirt laissant apparaître le nombril". Quant à la ligne "un haut avec décolleté plongeant", elle est affublée de rotoplos felliniens recouverts au mieux de petites coques. On ne peut pas parler ici de décolleté plongeant, vu qu’on ne peut pas parler de décolleté, vu qu’on ne peut même pas parler de col. La fille est toute nue. 

L’Ifop se désole de cette maladresse. Les mêmes pictos avaient servis à d’autres études sans provoquer de remous. Oui, mais ce sujet-ci est plus urticant, et l’institut donne l’impression d’exagérer l’hyper-sexualisation de ces tenues, donc, de prendre parti dans le procès qui leur est fait.

Autre écueil, la dernière question du sondage qui sort du périmètre annoncé et, pour tout dire, du lycée. "Approuvez-vous ou non les femmes qui, à l’extérieur de leur domicile, portent la mini-jupe ?", taux d’approbation comparé à ceux de 1967 et de 2012. Il est supérieur aujourd’hui. D’où vient le malaise, alors ? De la question. Devenue plus choquante que la mini-jupe elle-même il y a 50 ans.    

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