CNN a annoncé une semaine noire pour la presse américaine avec plus de 1000 postes supprimés, que ce soit dans les journaux locaux ou dans la presse numérique…

Semaine noire dans la presse : faute de financements, de nombreux journalistes se retrouvent au chômage cette semaine, y compris des prix Pulitzer.
Semaine noire dans la presse : faute de financements, de nombreux journalistes se retrouvent au chômage cette semaine, y compris des prix Pulitzer. © Getty / Mats Silvan / EyeEm

Commençons par les journaux locaux

Gannett, premier groupe de presse outre-Atlantique qui édite les quotidiens de Detroit ou de l’Indiana, licencie des plumes un peu partout dans ses rédactions dont des prix Pulitzer

Gannett fait lui-même l’objet d’une offre d’achat par un autre géant de la presse régionale (à Boston et Denver). Pourquoi la refuse-t-il ? Parce que l’acquéreur est connu pour virer un maximum de journalistes partout où il s’étend. 

Une étude, parue au moment des élections de « mid terms », pointait les déserts de presse qui frappent l’Amérique. 1700 comtés n’ont plus de titres de presse ou seulement un hebdo. 1800 journaux locaux ont disparu depuis 2004 et ceux qui subsistent sont souvent qualifiés de « journaux fantômes » parce que moins d’un quart de leurs articles concernent la zone où vivent les lecteurs. Et pour cause, plus aucun journaliste n’y travaille ! Énorme déficit d’information près de chez soi, donc. 

L’autre charrette a lieu dans l’info numérique

800 postes supprimés chez Verizon qui vient d’avaler Yahoo. Forcément on en profite pour écrémer. Mais dans ce nouveau groupe, on trouve aussi le Huffington Post qui existe en France et dont les équipes sont sabrées aux Etats-Unis. Comme celles de BuzzFeed, le site d’info, qui a brutalement fermé sa filiale française et qui dégage encore 220 collaborateurs. Et ce, après avoir tout essayé pour accroître sa rentabilité. CNN a débauché les journalistes de son pôle investigation, preuve qu’ils avaient de la crédibilité et de la valeur, faute d’arriver à rapporter de l’argent. 

C’est là, sans doute, que le constat d’échec est le plus amer, du côté de ce qu’on a appelé « les pure player » gratuits du web. Ces sites d’info qui se sont lancés sans existence autre que sur écran et sans abonnement payant. Beaucoup, Buzzfeed, le Huffpost, Vice News, ont conquis une audience fulgurante, se sont étendus à travers le monde, ont bousculé les codes dans leur manière de traiter l’actu. Leur histoire s’apparente désormais à un long martyrologe économique. Leur gratuité les tue à petit feu. Google et Facebook se partagent la quasi-totalité de la publicité numérique (78% sur le marché français), tous les autres sites de médias n’ont qu’à se partager les miettes. 

Bref, de vieux médias d’info se meurent et de jeunes médias d’info mourront avant d’être vieux ! 

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.