Pour la première fois, « Danse avec les stars », sur TF1, va permettre à un homme de danser… avec un homme.

Bilal Hassani sera à l'émission Danse avec les stars et dansera avec un garçon. Ici aux Music awards en novembre 2019 à Cannes
Bilal Hassani sera à l'émission Danse avec les stars et dansera avec un garçon. Ici aux Music awards en novembre 2019 à Cannes © Getty / Toni Anne Barson

L’émission démarre le 17 septembre, mais c’est d’ores et déjà annoncé : parmi les 12 candidats figure Bilal Hassani. Bilal va danser avec un garçon. Il l’a imposé.

Comme la plupart de nos télécrochets, « Danse avec les stars » s’avère l’adaptation d’un format étranger

Le show naît en Grande-Bretagne et voyage dans le monde entier. Les Israéliens se montrent précurseurs en faisant danser ensemble deux personnes de même sexe sur leur plateau. Les Américains, les Anglais, les Australiens suivent. Pas la France. 

Ici, l’émission a été créée en 2011, associant une palette assez inattendue de personnalités à des danseurs professionnels. Un homme pour accompagner ces dames, une femme pour ces messieurs, le tout en déclinant avec force kitch les costumes tradi du chachacha, du foxtrot et autre rumba. Donc, juste-au-corp, boa, volants, talons hauts pour elles. Pantalon à pinces, blaser, gilet de costume ou chemise ouverte sur torse lustré pour lui. Plus genré, tu meurs.

Bilal Hassani va nous brouiller tout ça avec la grâce qu’on lui connaît. 

La présence de Jean-Paul Gaultier au jury, le couturier qui a fait défiler des mâaales en jupe, va l’y aider.

Harcèlement à l’école, haine en ligne et alors ? Ce qui ne tue pas rend plus fort. Il assume tout, Bilal, et il a vécu une foule de vies à seulement 21 ans. Il naît sur Youtube, avec ses « Bonsoir, Paris », ses perruques, mascaras et rouges à lèvres, ou pas, selon l’humeur. Il dit « Je m’sens belle ». Il est un homme qui aime la mode, un homme qui porte ses robes avec des bottes de cowboy, ses futales avec des crocs top. Jamais de faux seins. Les attributs féminins dans lesquels Bilal va piocher ne réinventent qu’une chose, sa masculinité.

Le grand public le découvre, halluciné, représentant la France à l’Eurovision. Le show exige d’affronter 186 millions de téléspectateurs. L’épreuve du feu pour la confusion des genres ? Non, cette scène unique s’est révélée, depuis les victoires de Dana International et Conchita Wurst, un immense espace de liberté pour les artistes queer.

TF1, en prime time le vendredi soir, c’est une autre histoire. Celle d’un gamin qui chante, qui danse et qui ne veut qu’une chose : être populaire. 

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