« Le Point » publie un sondage : « Pour qui auriez-vous le plus de chance de voter si la présidentielle avait lieu dimanche prochain ? ». Éric Zemmour y est spontanément cité par 5,5% des sondés.

Eric Zemmour en mai 2021 au Rassemblement intersyndical Police et citoyens.
Eric Zemmour en mai 2021 au Rassemblement intersyndical Police et citoyens. © AFP / Georges Gonon-Guillermas / Hans Lucas /

Sauf qu’Éric Zemmour n’est, à ce jour, pas candidat. 

La question de l’Ifop se trouve ainsi formulée que l’institut se plait à mesurer une candidature fantasmée et non avérée

Déontologiquement, c’est plus que discutable. Il n’empêche, si d’autres devaient s’engouffrer dans cette voie et traiter Éric Zemmour sur le même plan que des politiques, une interrogation surgirait. Celle des cinq heures d’émission, du lundi au vendredi, sur CNews, qui constituent une vitrine, un inégalable temps de parole pour ce présidentiable pas comme les autres.

Pourquoi pas comme les autres ? 

Parce qu’on ne comptabilise en France que le temps de micro des candidats, des affiliés à un parti politique ou bien des de leurs soutiens déclarés. 

Éric Zemmour ne coche aucune de ces trois cases. Il est dès lors normal qu’on ne le chronomètre pas.

Imaginez un peu à quoi ressemblerait notre société si – en dehors du personnel politique - chaque individu devant un micro devait donner sa fiche d’identité idéologique pour pouvoir s’exprimer. Infaisable. 

Même les éditorialistes, on ne peut pas les réduire à la ligne du journal qu’ils représentent. On ne peut pas enfermer chaque matinalier, chaque présentateur du 20H, chaque journaliste dans une case. On ne peut pas empêcher des cinéastes, des écrivains, des lycéens, des médecins de donner leur point de vue sur notre vie politique au prétexte qu’on ne les a pas répertoriés. Donc, Zemmour, c’est simple, pas candidat, pas comptabilisé.    

Je suis la première partisane de ce principe démocratique. 

Néanmoins, je constate qu’Éric Zemmour se place systématiquement dans une posture où il n’a pas de compte à rendre et les médias qui l’emploient, non plus. 

Ses assertions dans « Le Figaro » véhiculent des contrevérités démolies par les faits. Et alors ? Son papier relève du billet dans la section « opinion ».

Son discours sur le Maréchal Pétain et les juifs s’avère truffé d’inepties historiques. Et alors ? Il revendique ne pas être historien et parler d’un seul point de vue, le sien.

Chaque soir, sur une chaîne nationale, il déroule un discours d’extrême-droite. Et alors ? Il n’est pas encarté au RN, et pas à la tête de sa propre formation. 

Il ne reste que la loi. Il la défie elle aussi, instrumentalisant ses condamnations au gré de sa propre martyrologie. Jamais de comptes à rendre. Jamais. 

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