On se demande parfois à quoi tient le journalisme, à quoi tient une vie, à quoi tient une bonne histoire ? Aujourd'hui une histoire italienne, celle d’un petit garçon qui a disparu lundi soir...

Les retrouvailles du petit Nicolas - Capture écran de la vidéo avec Giuseppe Di Tommaso de "La vita in diretta"
Les retrouvailles du petit Nicolas - Capture écran de la vidéo avec Giuseppe Di Tommaso de "La vita in diretta" © RAI

Ça se passe à une trentaine de kilomètres de Florence. Un tout petit garçon, Nicola, deux ans et demi, qui vit dans une ferme, échappe à la surveillance de sa famille et se volatilise dans les bois lundi soir. Hélicoptères, patrouilles, les alentours sont quadrillés par les secours et les forces de l’ordre. Tous les reporters et fait-diversiers d’Italie rappliquent. Sans nouvelle de l’enfant, la tension médiatique commence à grimper, les chaînes d’info à crépiter.    

Un envoyé spécial de la RAI Uno sillonne lui aussi la région

Il travaille pour « La Vie en direct », un talk-show de l’après-midi qui traite de l’actualité de manière conviviale et décontractée, depuis un studio télé à Rome, avec des chroniqueurs sur le plateau et – c’est le marqueur de l’émission – un tas de reporters en duplex. 

Notre protagoniste s’appelle Giuseppe di Tommaso. Il roule depuis des heures. Il ne sait pas quoi filmer à part les incontournables maîtres-chiens, le visage éploré des proches, l’immensité de la campagne à fouiller. 

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A force de kilomètres et de virages, le journaliste se sent mal. Il est obligé de s’arrêter pour faire quelques pas. Là, il entend quelque chose remuer au fond d’une anfractuosité. 

Il ose, d’abord tout bas, « Nicola, Nicola ? », puis il répète en criant. Sous plusieurs mètres de ronces, inaccessible, l’enfant répond finalement « Maman ? ».

Le journaliste prévient les carabiniers qui peinent à le croire. Il appelle aussi le présentateur de son émission, « La Vie en direct » : « Il est vivant, vivant ! ».

Pourquoi partager cette toute petite histoire ?

Peut-être parce Giuseppe di Tommaso, l’envoyé de la Rai, la compare au dénouement d’un conte pour enfants. Pourquoi pas ? Ce petit être qui s’aventure là où il n’a pas le droit, là où il s’imagine trouver la liberté. L’errance, la forêt, le danger, la nuit, la peur. 

Voici les ingrédients de la « péripétie » qui appellent ceux de la « résolution » qui elle-même nécessite un élément salvateur. Ce ne sera ni les animaux enchantés, ni la traditionnelle bonne fée, mais un journaliste du service public italien. 

Vous voyez, l’intense couverture médiatique a parfois du bon ! Le journaliste s’en étonne lui-même. Il reconnaît que les histoires qu’il couvre à l’antenne finissent mal, en général. Par ailleurs, il admet interloqué que tout, ici, est affaire de hasard. Pur hasard. On se demande parfois à quoi tient le journalisme, à quoi tient une vie, à quoi tient une bonne histoire. 

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