Après un été de manifs antivax, BFM TV annonce des mesures historiques pour garantir la sécurité de ses reporters.

Le 22 juillet dernier, des réfractaires au pass sanitaire se réunissent devant le Sénat, deux journalistes de la chaîne sont reconnus, pris à partis, encerclés
Le 22 juillet dernier, des réfractaires au pass sanitaire se réunissent devant le Sénat, deux journalistes de la chaîne sont reconnus, pris à partis, encerclés © Maxppp / Thomas Padilla

Historique parce que, pour la première fois – hors cas exceptionnel d’infiltration avec caméra cachée  – des journalistes télé cessent de signer leurs images. On n’annonce plus le nom des reporters à l’antenne, on ne l’inscrit plus, non plus, au bas de l’écran.

On protège leur identité, car à l’instant où les sujets sont diffusés, les reporters sont googlés, pistés sur les réseaux sociaux ou physiquement traqués par des manifestants. 

Le 22 juillet dernier, un petit nombre de réfractaires au pass sanitaire se réunissent devant le Sénat. Deux journalistes de la chaîne sont reconnus, pris à partis, encerclés...

Il faudra l’intervention d’officiers de sécurité privés et d’agents encadrant la manif pour empêcher que la foule n’en vienne aux mains. 

Sur les images, on aperçoit la caméraman de BFM fondant en sanglots, dans le fourgon de police. D’ordinaire, la chaîne d’info évite d’exploiter ces séquences afin de ne pas faire de publicité à ces velléités d’agression. Mais là, la tension s’avère telle que les rushs sont diffusés le soir-même et que le journaliste, Igor Sahiri, prend la parole en plateau pour raconter l’effet de meute.

La loi travail, il y a 5 ans - souvenez-vous - BFM TV, leader des chaînes info, devient une cible privilégiée

Décision est prise de supprimer le logo des véhicules et des bonnettes de micros. Avec les gilets jaunes, les violences se systématisent. La chaîne dépêche désormais un garde-du-corps par journaliste en exercice.

BFM n’est pas la seule rédaction à faire escorter chaque carte de presse. Des mesures qui entraînent des dépenses phénoménales – on n’en parle jamais. Elles sont désormais budgétées par les télés, exactement comme l’on avait l’habitude d’estimer en termes de coût la couverture d’une guerre, avec des envoyés spéciaux, des fixeurs et des interprètes dont il faut garantir la vie. 

BFM TV a aussi renoncé aux duplex en direct, trop repérables

Pour les live, l’antenne privilégie les flux d’agence de presse. Ses propres images sont diffusées en différé. Aux dires de la rédaction, il n’y aurait pas, en France, de régions spécifiquement à risque. L’agressivité peut surgir à tout moment. Les rassemblements restreints semblent même plus dangereux, car les reporters peinent à s’y faire oublier et se font plus facilement alpaguer. Ça devient un passage obligé. 

En tant que média, tout l’enjeu, pour BFMTV, est de se maintenir dans une position extérieure à l’évènement, d’en rester un témoin et de ne surtout pas en devenir un acteur.

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