Christiane Amanpour, la grand reporter et correspondante de guerre la plus célèbre de CNN, annonce qu’elle est atteinte d’un cancer des ovaires. Quand l'intime surgit dans le champ de l'information internationale.

Christiane Amanpour, la grand reporter et correspondante de guerre la plus célèbre de CNN, annonce qu’elle est atteinte d’un cancer des ovaires.cé
Christiane Amanpour, la grand reporter et correspondante de guerre la plus célèbre de CNN, annonce qu’elle est atteinte d’un cancer des ovaires.cé © AFP / Angela Weiss

A l’américaine, elle le dit à l’antenne avec l’assurance qui la caractérise. Christiane Amanpour, face caméra, chaleureuse, cash, sans pathos, comme lorsqu’elle raconte un conflit sanglant à l’autre bout du monde.

« Comme des millions de femmes, on m’a diagnostiqué un cancer des ovaires. Mon opération a réussi. J’entame maintenant plusieurs mois de chimiothérapie ». 

La séquence vous colle au mur. Parce que Christiane Amanpour, longtemps chef des correspondants de CNN, symbolise un journalisme tourné vers l’autre et vers l’ailleurs, soumis à tous les aléas, tous les dangers. 

Or, elle raconte ici son corps attaqué de l’intérieur. 

Elle, qui a tendu son micro aux quatre coins de la planète, demande aux femmes de s’écouter elles-mêmes. Le repli sur soi reprend ses droits. Du temps temps suspendu dans l’info en continu.  

Ce n’est pas une première aux Etats-Unis

Je ne vous parle pas des stars hollywoodiennes, mais des journalistes de news. Ces visages au service de l’actualité, par essence impersonnelle, mise à distance. Souvenez-vous : Robin Roberts, grande figure de la matinale d’ABC.

Elle remercie les téléspectateurs pour leur indéfectible soutien durant son cancer du sein. Elle annonce – effet secondaire – devoir subir une greffe de moelle osseuse. Elle présente sa sœur, sa donneuse… 

L’Amérique en larme devant le petit écran.

Les seins, les ovaires... Au-delà du corps et de l’intime, c’est la féminité qui s’avère ici exhibée dans ce qu’elle a de détérioré

Or, je trouve ça fantastiquement salutaire et courageux que ces femmes l’assument aussi frontalement, sans sentiment d’avilissement. 

Comme si elles disaient : « Regardez-moi bien dans les yeux. Je suis une femme et je le resterai ».

Il y a 3 ans déjà, j’avais salué les mots si simples, si honnêtes, si confiants de Jean-Pierre Pernaut, partageant son cancer de la prostate avec les téléspectateurs du « 13 heures » de TF1.

Certains cancers ravagent moins le corps des malades que l’image qu’ils ont d’eux-mêmes ou que leur renvoient les autres. Les rois de l’info versus le cancer ? Une victoire par K.O contre maladie, on verra, mais contre la honte, ça oui.

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