Les médias américains commencent à s’interroger sur la couverture phénoménale dont bénéficie l’affaire Gabby Petito…

Mémorial en hommage à Gabby Petito
Mémorial en hommage à Gabby Petito © AFP / Octavio Jones / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images

Gabby Petito, une ravissante influenceuse de 22 ans, blonde comme les blés, vue pour la dernière fois, le 24 août, dans un hôtel de Salt Lake City. 

La môme, suivie par près d’un million d’abonnés sur Instagram, postait photos et vidéos du voyage qu’elle avait entrepris avec son petit ami. Les fans les suivaient dans les parcs du Colorado et de l’Utah, en quasi temps réel.

Aussi, lorsque la famille de Gabby Petito a signalé sa disparition le 11 septembre, ses abonnés se sont mobilisés pour la retrouver, encouragés par la famille Petito sur les réseaux. 

Résultat : une enquête virtuelle inédite par son ampleur, sa viralité, le nombre d’amateurs qui s’y sont plongés et le volume de vidéos générées sur TikTok, Instagram, Twitter et YouTube

En France, souvenez-vous, la disparition de Delphine Jubilar dans le Tarn avait entraîné en son sillage pléthore de détectives organisés en groupes Facebook. 

La récupération des faits divers par le web : phénomène mondial, il ne date pas d’hier. Toutefois, l’affaire Petito surprend par le nombre d’interactions qu’elle suscite sur la Toile.

Il faut dire que les internautes disposaient, grâce au compte de l’Instagrameuse, de tant d’éléments visuels

Comme si Gabby Petito avait, de son vivant, fait don de son sourire, de ses longs cheveux, de sa peau de pêche à Internet. Comme si son corps physique était porté disparu, autant que son image sur les réseaux, dont le flux s’est brutalement interrompu. 

Que cherchent, au fond, les internautes si ce n’est l’image manquante ? 

L’ultime "story", celle de sa mort ou celle de son retour.

Dimanche, "breakings news" sur CNN : des restes humains sont retrouvés. Le petit ami, lui, reste introuvable. Cette nuit le corps de Gaby a été officiellement identifié.

Déferlante médiatique TVs, radios, journaux. 

Est-ce simplement parce que Gabby Petito fait du clic ? Oui, en partie, mais pas seulement : le New York Times rappelle que ces dix dernières années, 700 personnes ont disparu dans l'État où l’instagrameuse a été assassinée. 

Pas une n’a bénéficié d’une telle couverture. 

Les médias américains sont archi-sélectifs, rappelle le quotidien. Une présentatrice de la télé publique PBS donne un nom à ce phénomène : "le syndrome de la femme blanche manquante".  Gabby Petito n’aurait pas tant fait la Une si elle avait été un homme, si elle avait été noire ou latino.

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