Par Carine Bécard.

Vous nous parlez ce matin, de l'UMP : réussit-elle à se reconstruire ?

Après la bataille de chiffonniers de l'automne dernier, les circonstances lui sont désormais favorables et pourtant, ses critiques tombent à plat, ses propositions tombent à l'eau... La droite est, semble-t-il, toujours aussi inaudible...

C'est vrai ! Et en même temps, n'exagérons rien... L'UMP se porte effectivement mieux. Mieux, en tout cas, qu'en décembre dernier. Mais ce qui est intéressant à observer, c'est que ce n'est pas - vraiment - grâce à elle si elle va mieux ! Les circonstances - vous le disiez - travaillent pour elle. Avec des indicateurs économiques qui sont inquiétants, voire qui se dégradent, des mesures annoncées par le gouvernement qui n'inversent pas encore la donne et qui du coup, ne rassurent pas les Français... Ajoutez à cela, les anti-"mariage pour tous", incontestablement nombreux dans la rue, un exécutif qui ne peut guère, être plus impopulaire... et une émission de télé, jeudi soir dernier avec un chef de l'Etat qui ne convainc toujours pas... Autant dire que face à un tel tableau, la droite devrait apparaître comme le remède, comme LA solution ! Pas comme le simple réceptacle de toute la déception suscitée par la gauche... Or l'UMP n'y parvient pas. Pourquoi ? Parce qu'elle reste fascinée par un homme - celui qu'elle considère toujours comme son chef - : Nicolas Sarkozy. Résultat, elle n'est pas en capacité aujourd'hui, d'inventer, de proposer, de critiquer, autrement que de la manière dont l'aurait fait l'ex-président… Et même pour les Français, pas simplement pour le militant ou le sympathisant UMP, la Droite, c'est encore Nicolas Sarkozy, un homme qui ne parle pas… Donc les dirigeants à droite, qui tentent malgré tout de se faire entendre, eh bien, personne n'est là pour les écouter ! Ils sont inaudibles... Maintenant, sont-ils condamnés à subir - pendant des mois encore - cette "ombre tutélaire"? Pas nécessairement mais s'ils veulent s'affranchir de Nicolas Sarkozy, ils vont devoir repartir à la bataille, disputer des élections... les gagner ! Les gagner seuls, sans le soutien du soi-disant leader naturel...

Mais est-ce que les Français auront envie de voter pour eux ?

En fait, les Français ont aujourd'hui de moins en moins confiance dans les partis politiques, et plus généralement dans les institutions politiques... Une étude du CEVIPOF publiée en décembre dernier montre par exemple que 26% seulement des électeurs ont confiance dans le gouvernement... 28%, dans l'Assemblée Nationale, donc en nos députés ! Qu'est-ce que cela veut dire? Que rarement il y a eu autant de défiance vis-à-vis de la classe politique... Les Français ne croient plus en leur avenir, ne croient plus en la France et mettent au défi le personnel politique... La gauche qui est au pouvoir, en sait quelque chose... Et la droite, elle, doit affronter un électorat qui ne cesse de se radicaliser... La preuve? Dans les cortèges des opposants au "mariage pour tous", l'UMP - convalescente encore -, qui a du mal à se réorganiser, qui n'arrive pas à s'imposer, se retrouve du coup, à courir derrière une base, de plus en plus droitière.

Bref, l'opposition - classique - a presque disparu. Pour l'heure, elle n'existe plus, effacée d'un côté par Nicolas Sarkozy et écrasée de l'autre par une droite qui se "tea-partise"...

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