"Le monde d’après", voilà un terme qui s’installe dans le débat public. Chaque parti politique y pense et entend légitimement –même pendant la bataille- préparer l’après crise.

Il se peut (ça reste le plus probable) que l’inertie et le ‘cour-termisme’ l’emporte et que rien ne change vraiment puisqu’après tout, contrairement aux après-guerres, où il faut reconstruire, là, rien n’aura été détruit. 

Il serait donc tentant de reprendre nos vieilles habitudes économiques, d’accros à une croissance indifférenciée… en passant d’abord par une puissante relance pour recréer de la richesse après un confinement inédit, une sorte de congélation de la vie économique et sociale pendant plusieurs semaines, si ce n’est plusieurs mois. 

Or, personne ne sait si la société et l’économie supportent la congélation et la décongélation ou si (comme les melons) … Elle ne la supporte pas ! (oui on ne peut pas congeler un melon, c’est l’info pratique de cet édito !)

A moins qu’une prise de conscience ait lieu, comme si, à l’instar du sommeil, le confinement portait conseil. Jean Monet ne disait-il pas :

Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ne voient la nécessité que dans la crise’…  

Nous y sommes…

Et quels sont les changements envisagés ?

Pour l’instant l’opposition joue une partition facile. Chacun estime que la crise valide sa propre vision du monde et ses solutions. Depuis qu’il est acquis que ces nouveaux virus ont à voir avec le désordre provoqué par l’homme dans la biodiversité, les écologistes ont quelques raisons objectives de dire que l’organisation du monde d’après doit être plus respectueuse de la nature.

Le Rassemblement National voit, lui, dans la crise du coronavirus, la preuve de la turpitude d’un pouvoir qu’elle traite de menteur et le signe de la pertinence des frontières. L’idée du confinement est, pour l’extrême-droite, une métaphore éloquente du salutaire ‘chacun chez soi’

La France Insoumise vante la planification et le retour du service public. Ce seront les armes, dit-elle, pour sortir de la crise et organiser le monde d’après. 

C’est plus compliqué pour les partis dits de gouvernement qui font face à leurs responsabilités d’anciens gouvernants d’une France qui s’est –sur le plan sanitaire- désarmée ces dix dernières années. Certains se remettent un peu en cause : au PS, on voit dans cette crise une raison de plus pour hâter la transition écologique de la social-démocratie et pour en finir avec la mauvaise conscience du socialiste dépensier. 

Chez Les Républicains, c’est la victoire d’une tendance renaissante depuis quelques années : la droite sociale et populaire. Le retour du colbertisme, de l’Etat tout puissant. Pour l’instant, vous le voyez, ce n’est pas encore l’imagination au pouvoir mais il reste quelques semaines de confinement (et donc de réflexion). 

Une constante quand même, pour tous ces partis : finie l’idée de la rigueur budgétaire et du libéralisme économique, cette politique qu’ils se sont toujours sentis contraints d’appliquer… Impératif maintenant so ancien monde, celui d’il y a deux semaines…  

Et pour la majorité me direz-vous ? Eh bien, ce sera l’édito de demain.

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