Nicolas Sarkozy est donc président de l’UMP…Il faut maintenant organiser la primaire…

Il aura fallu deux ans et demi pour que l’UMP arrive à retrouver un président. Et c’est donc l’ancien président de la République. Son but n’est bien évidement pas atteint. L’étape qui s’ouvre, pour les deux ans et demi

​à venir​, servira à établir un programme et surtout à désigner le prochain présidentiable de l’UMP. Je dis "​surtout​" parce que ET les responsables UMP, ET la presse, ET aussi l’opinion considèrent, dans la logique de nos institutions, que l’homme qui porte les idées est plus important que les idées elles-mêmes.

Comme la quasi-totalité du corps électoral a de bonnes raisons de croire que le prochain président sera UMP, la bataille pour la désignation du candidat que présentera ce parti (ou tout du moins le parti que Nicolas Sarkozy aura substitué à l’UMP) va être acharnée et particulièrement personnalisée. L’exemple de le primaires socialiste réussie de 2011 n’est pas forcément transposable. En 2011, nous avons assisté à une vraie compétition de personnes et d’idées. Non pas parce que le PS était démocratiquement beaucoup plus vertueux que l’UMP. Le débat d’idées et de lignes avait pu avoir lieu parce que l’homme providentiel des socialistes, Dominique Strauss-Kahn, avait sombré tout seul. François Hollande l’avait emporté, non pas grâce à son charisme propre, mais grâce à un positionnement politique de centre gauche rassurant et apaisant après le tumulte vain sarkozien.

Hier, Nicolas Sarkozy a évoqué la primaire. Il les veut ouvertes mais pas jusqu’au Modem.

Oui. C’est une affirmation étrange parce que François Bayrou a déjà dit qu’il ne serait pas candidat puisqu’Alain Juppé, qu’il soutient, l’est. Donc, de quoi parlait Nicolas Sarkozy ? Des candidats ou des électeurs ? La grande négociation qui va s’ouvrir à partir de ce matin à l’UMP ne portera pas sur le nom du prochain parti mais sur les conditions d’ouverture de la consultation et le contenu de la déclaration sur l’honneur que chaque électeur à la primaire devra signer. Si –pour voter- il devait être prévu de simplement signer une déclaration dans lequel vous affirmez votre attachement à la République, à l’économie de marché, votre souhait d’une alternance et le refus du Front National… ce n’est pas la même chose que si vous devez signer une déclaration très droitière, faisant explicitement mention de votre attachement aux partis politiques qui organisent la consultation. Alain Juppé prônera la première solution, Nicolas Sarkozy la seconde. C’est l’étendu du corps électoral de la primaire qui est l’enjeu de toute l’organisation de cette consultation prévue en 2016, et dont on a tout lieu de croire qu’elle désignera le prochain président de la République. Nous voilà replongés dans les affres déresponsabilisantes de la personnalisation des débats. On pourrait se croire vaccinés contre cet état d’esprit national mais non… nous allons tous nous passionner pour cette course de chevaux... plus excitante et surtout plus facile à commenter au jour le jour que l’âpre débat d’idées.

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