Le paysage politique de l’ère Macron devient lisible…

Oui, nous sommes dans un moment de cristallisation politique. Chacun a maintenant les éléments pour commencer à se situer sur le nouvel échiquier après les bouleversements provoqués par l’élection d’Emmanuel Macron. Nous avons un large bloc central qui occupe un espace institutionnel surdimensionné. Espace qui vient encore de s’élargir de quelques pouces par les 2 bouts. Par la gauche d’abord,   avec l’entrée au gouvernement d’un député PS, certes peu connu, sans scrupule ni colonne vertébrale, mais socialiste quand même : Oliviers Dussopt nommé secrétaire d’Etat alors qu’il était contre la loi de finance et qu’il avait aussi voté contre les ordonnances, lois signatures du macronisme s’il en est ! Et par la droite avec l’adhésion formelle et logique à LREM de 2 ministres et d’un député ex-LR. Cet empire du milieu gonflé à l’hélium du fait-majoritaire repousse les oppositions sur les extrêmes. Le PS, LR et le FN, sont, en ce moment, un peu absents pour travaux. Seul LFI est en ordre de marche (à un débat interne sur la laïcité près). La majorité  a sur ses flans 2 oppositions dont les discours s’annihilent et donnent à celui du gouvernement l’éclat valorisant et trop aisé de l’équilibre et de la raison. Ainsi avec la loi de sécurité intérieure, taxée de laxiste par la droite et de liberticide par la gauche, la majorité n’avait plus qu’à laisser dire !

Emmanuel Macron, dont la politique semblait pencher à droite, tente, un rééquilibrage... 

Oui, ses discours (en attendant les actes !) sur les banlieues, sur les violences sexistes, reprenaient mot pour mot les arguments de la gauche. Il y a une cohérence libérale, économique et sociétale inédite en France et qui constitue un élément déstabilisateur pour les partis classiques. LREM semble avoir retrouvé ses 2 jambes et placé les oppositions dans une centrifugeuse. Oppositions qui ne peuvent pas –pour l’instant du moins- apparaître comme des alternatives crédibles, du fait de leurs inévitables divisions et de leurs radicalités forcées. Ce qui affaiblit considérablement leur parole parce que si on entend un opposant protestataire, on écoute et on tient compte d’un opposant qui a la surface pour être une alternative. Emmanuel Macron dispose donc d’une latitude inédite. Imaginez, si son opposition est représentée par Jean-Luc Mélenchon d’un côté et Laurent Wauquiez de l’autre, il est alors dans une configuration idéale pour appliquer son programme. Si vous ajoutez la possibilité de voir en Allemagne une majorité amie composée du SPD, de la CDU et des Verts, Emmanuel Macron aura vraiment toutes les manettes en main. Mais le charme de la nouveauté ne durera pas et certaines manettes pourraient se gripper, d’autant que les solutions proposées par le président ne sont que relativement majoritaires dans l’opinion. Elles sont majoritaires,  absolues simplement du fait de la mécanique de nos institutions. Elles doivent donc vite produire leurs effets et dessiner beaucoup plus clairement le but, l’horizon vers lequel la majorité est En Marche. Parce qu’attention : comme disait le grand père de Spiderman quand celui-ci lui avouait l’immensité de ses pouvoirs « avec de grands pouvoirs viennent les grandes responsabilités »

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