Vous vous êtes peut-être habitué à ce rendez-vous : chaque lundi, un invité politique se met en 4 de 8H15 à 9H sur France Inter. Après François Bayrou et Marie-George Buffet, lundi prochain, ce devait être au tour de Ségolène Royal. Mais hier, la candidate socialiste a choisi de se décommander. Et finalement, on n’est qu’à moitié étonnés ici à Inter, de cette soudaine défection. Oh, on se dit que c’est pas bien correct, on se dit aussi que ça fait partie du tempérament « Royal », France Inter n’est pas le premier media qu’elle annule au dernier moment, et puis on dit aussi à Ségolène Royal qu’elle peut revenir se mettre en 4 un de ces jours ! Mais effectivement, nous ne sommes guère surpris qu’elle fasse vœu de silence médiatique, après une séquence gourmande voire orgiaque qui ne lui a pas franchement réussi ! Imprécisions dans les interviews, flous, bourdes, largement exploitées par le camp d’en face évidemment, c’est de bonne guerre, ont rendu fort perplexe l’opinion publique à son égard. Les sondages quantitatifs la donnant désormais systématiquement perdante face à Nicolas Sarkozy sont bien moins inquiétants pour elle, que ceux qu’on appelle les « qualis » pour qualitatifs. Celui de la Sofrès et du Nouvel Obs cette semaine, est particulièrement ravageur ; si la candidate socialiste apparait toujours comme étant "à l'écoute des Français", en revanche, pour une large majorité d'entre eux, elle ne "maitrise pas les grands sujets", et "n'est pas assez concrète dans ses propositions". Résultat : à force de répéter dans tous les médias, "ayez confiance", Ségolène Royal a fini par apparaitre comme le serpent Kaa du livre de la jungle, celui qui hypnotise ses proies, mais qui rate bien des déjeuners à force de trop parler ! Abstinence médiatique jusqu'à nouvel ordre donc pour conjurer les Unes ravageuses des magazines, "tiendra-t-elle?" se demande ce matin l'Express, les sondages en berne, et les inquiétudes de ses propres amis qui, des jospinistes aux fabiusiens ont fini par trouver qu'il y avait péril en la demeure jusqu'à se sentir obligés de la soutenir. Jusqu'à nouvel ordre, c'est jusqu'à quand ? Jusqu'au 11 février très précisément, car malgré les doutes autour d'elle, Ségolène Royal a décidé de ne pas modifier son tempo : c'est ce jour là, et pas avant, qu'elle assumera la synthèse des propositions émanant de ses débats participatifs. Ce jour là donc, qu'elle devrait se muer en "présidentiable"; enfin munie d'un projet présidentiel, munie aussi d'un nouvel organigramme de campagne, elle sera alors enfin une candidate "complète". Alors d'ici au 11, tout le monde est en apnée : Les socialistes évidemment, qui espèrent juste que le 11, l'espoir soulevé ne fasse pas "pschitt". La droite aussi, "on a réussi à instiller le doute sur son incompétence" se réjouit un lieutenant de Nicolas Sarkozy, mais "on sait que le 11, la campagne peut "faire tapis", comme au poker, c'est-à-dire repartir à 0. Et nous à France Inter donc, puisqu'après le 11 février, Ségolène Royal n'aura plus aucune excuse pour ne pas venir répondre à vos questions, et à celles des auditeurs Nicolas !

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