Oui, les élections auront lieu les 20 et 27 mars prochains... Les partis politiques viennent de lancer la campagne dans l’indifférence générale. Visiblement ça ne passionne personne ! Mon boulot d’éditorialiste du service public c’est de vous dire « mais si c’est passionnant ! »… Alors je vous le dit : « mais si, si, c’est passionnant »…et je vous le prouve ! Petite fiche technique d’abord : un peu plus de 2000 cantons sont en jeu. Les conseils généraux se renouvellent par moitié tous les 3 ans. Sauf à Paris. Il y a 100 départements, 58 à gauche. Le département c’est l’échelon qui gère de nombreuses prestations sociales comme le RSA, l’aide sociale à l’enfance, aux personnes âgées… mais aussi les collèges, les routes départementales. Les Conseils Généraux sont en grande difficulté financière, du fait, justement des compétences sociales qui leur ont été dévolues. Rappelons que contrairement à l’Etat, ils n’ont pas le droit de présenter des budgets en déficit. Le département est un échelon administratif souvent présenté comme l’épaisseur de trop dans le fameux mille-feuilles administratif français. Mais bien qu’il ne recouvre aucune réalité ethnique ou historique, il jouit d’une certaine popularité. Il y a même une sorte de chauvinisme départemental. Demandez à un Français de quelle région il est, s’il n’est pas Corse ou Breton, il a toutes les chances de vous répondre spontanément par le nom de son département. Souvenez-vous du drame national qu’a représenté l’abandon du numéro du département sur la plaque d’immatriculation. Le chauvinisme départemental va même jusqu’à magnifier le numéro du département. On est du 93, pardon du 9-3 ou on colle un petit 64 sur sa voiture pour faire branché. Mais si le département est populaire, sa représentation politique n’est pas très claire. Demandez aux Français quel est le nom du président de leur Conseil général, vous avez autant de chance d’avoir une réponse précise que si vous leur demandez l’intitulé exact du secrétariat d’Etat de George Tron. Mais quel est l’enjeu politique de cette élection ?Pas énorme c’est vrai, on dit qu’une dizaine de départements pourrait changer de couleur dans un sens ou dans l’autre. Si la gauche remporte trois départements et dépasse la barre des 60, elle dira que c’est un désaveu de la politique du président de la République. Si l’UMP ne perd pas de départements, ou, même en gagne un ou deux, elle criera victoire et lancera la campagne présidentielle. On observera quelques départements pour des raisons bien particulières, la Corrèze que François Hollande préside avec un seul siège de majorité ! En ce moment il fait semblant d’avoir peur pour qu’on admire encore plus sa victoire quasi certaine. S’il perd –il l’a dit- il ne sera pas candidat aux primaires socialistes. Et puis on observera les Hauts-de-Seine, par divertissement, comme on regarde un bon feuilleton bien noir, avec des méchants …et des méchants… le 9-2 et sa bataille interne à l’UMP pour la présidence du département, les familles Sarkozy, Balkany, Aeshlimann, Devedjian. Il ne manque plus qu’un puits de pétrole. C’est l’Epad justement… Bon, quand même au niveau national, il y a un enjeu de taille : Si le PS remporte une large victoire en mars, ça changera la composition du collège des grands électeurs et la gauche pourrait remporter le Sénat l’année prochaine.

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