Le lundi d’une semaine… décisive ! Vous osez encore !

 Oui… on peut être reconfiné d’un jour à l’autre en fin de semaine…. Osons le poncif, ‘semaine cruciale, de tous les dangers !’… comme lundi dernier... Je crains d’avoir mon angle d’édito pour tous les lundis pendant un bon bout de temps. Mais cette semaine est, disons, la semaine de la responsabilité des Français eux-mêmes ! On peut critiquer le président ou lui trouver des circonstances atténuantes… décrire son action comme une série de revirements incompréhensibles ou comme une faculté d’adaptation devant tant d’incertitudes,  il se trouvait, vendredi,  devant une situation bien de chez nous : les Français sont pour des mesures contraignantes et fortes, mais contre toutes les modalités de celles-ci. Et pour fonctionner, la lutte contre la Covid doit être comprise et acceptée. Comment faire ?! Emmanuel Macron, constatant que la courbe des contaminations n’était pas encore exponentielle, que (selon le mot ultra-rabâché depuis 4 jours) nous étions sur un ‘plateau haut’ et que l’embolie de notre système de soin ne menaçait pas à court terme, décidait de ne pas confiner… Comme si la balle revenait maintenant dans le camp de la population. C’est à nous (individuellement et collectivement) de mieux respecter les gestes barrières. Et c’est aussi aux entreprises de faciliter (ce qui semble de moins en moins le cas) le télétravail. Le message de la responsabilisation est délicat parce que si l’exécutif dit –pour justifier le non-confinement immédiat- que la situation est sous contrôle, on peut, si l’on écoute d’une oreille distraite ou sélective, en déduire que ce n’est pas si grave, y trouver de bonnes raisons pour relâcher les efforts de distanciation… Alors que c’est l’inverse qu’il faut comprendre.  

 Et puis il y a le procès en ‘infantilisation’…

 Oui, c’est le reproche le plus courant et c’est vrai que l’on peut se sentir infantiliser quand le gouvernement nous dicte notre comportement jusqu’à nous rappeler de se laver les mains régulièrement. Ce procès fonctionne à tous les coups : Si les mesures sont autoritaires (confinement) ou si elles sont responsabilisantes, comme en ce moment, il sera dit, dans le premier cas, que l’on dresse des interdits comme pour des enfants, dans le second cas, que l’on nous fait la morale, comme à des enfants… Notre rapport à l’Etat (de qui nous attendons tout) couplé à la centralisation du pouvoir, au fait que toute décision (qui aura un impact très directe sur notre vie de tous les jours) dépend d’un homme seul, nous place dans une situation de passivité et de perte de contrôle qui n’est pas sans effet sur notre état psychologique collectif. Partirez-vous en vacances ? Quand aurez-vous le droit d’aller au restaurant ? À quelle date vous vous ferez vacciner ? Ces décisions si personnelles, presqu’intimes, c’est, en ce moment (et c’est la logique de nos institutions et de la crise), un homme seul qui en décide. L’impression d’infantilisation vient de là,  plus que des mesures elles-mêmes ou du ton avec lesquelles elles sont annoncées, puisque quelles qu’elles soient, elles sont sujettes à cette même critique.   

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