L’année nouvelle s’ouvre avec des vœux présidentiels qui étaient très attendus. Et de qui parlons-nous Eric pour ouvrir cette année ? De Nicolas Sarkozy, bien entendu. Rien ne va changer en 2010, le chef de l’Etat va encore et toujours tenter d’occuper l’espace politique à lui seul. « Qui peut croire que dans ce monde qui bouge, l’immobilisme soit une alternative », s’est interrogé le chef de l’Etat hier soir, justifiant son grand nombre de réformes, « qui ont bouleversé des habitudes et pu provoquer des inquiétudes », a-t-il reconnu. Alors, a-t-il convaincu avec ses vœux télévisés ? Un mot ressort de son discours, piqué à Ségolène Royal : fra-ter-ni-té. « Nous redonnerons un sens à ce beau mot qui est inscrit dans notre devise républicaine », a promis le chef de l’Etat. C’était plutôt habile. Nicolas Sarkozy a fait l’impasse sur l’identité nationale, en invitant tout de même à nous respecter les uns les autres, à débattre sans nous déchirer, sans nous insulter. Cela donne une idée de sa vision sur ce débat engagé par Eric Besson, qui a dérapé depuis longtemps. Nous avons vu un chef de l’Etat à la manœuvre, qui ne se défausse pas de ses responsabilités. Ses premières paroles sont allées aux chômeurs. Et à tous ceux qui ont tenu face à la crise. Comme pour dire : les résultats promis ne sont pas au rendez-vous, c’est difficile pour tout le monde, et nous sommes tous dans la même galère. Nicolas Sarkozy s’est montré déterminé à aller jusqu’au bout sur la fiscalité écologique, qu’il n’appelle pas « taxe carbone », une expression un peu trop connotée depuis la censure du Conseil constitutionnel. Ces vœux vont laisser les Français sur leur faim. Nicolas Sarkozy ne nous a pas demandé autre chose que d’attendre. Avec une crise qui est toujours là, un chômage galopant, des caisses vides. Encore un peu de patience, a semblé dire le chef de l’Etat, qui sait bien que les Français dans leur grande majorité sont aujourd’hui désenchantés. Pour conclure, en 2010, on prend les mêmes et on recommence ?Oh, rien ne change, Eric. Nicolas Sarkozy domine la majorité. Face à lui, le tiercé infernal DSK-Aubry-Royal divise le PS, avec une Martine Aubry selon ses proches qui se rêverait en Angela Merkel à la française. François Bayrou veut repriser son costume de troisième homme, déchiré par un Daniel Cohn-Bendit désireux de refaire un carton aux régionales. Et le vétéran Jean-Marie Le Pen est toujours en embuscade. On prend les mêmes, et on recommence. Et pourtant, quelque chose me dit, Eric, que nous n’allons pas nous ennuyer. Bonne année à tous.

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