Par Hélène Jouan . Nicolas Sarkozy va t il sauver l'europe? Si les français attendaient hier une réponse de l'émission, il faut dire tout de suite qu'a priori c'est Non... Il y a peu de chance qu'en 6 mois de présidence européenne, il mette fin aux doutes, inquiétudes et vague à l'âme que l'europe suscite depuis plusieurs années déjà chez les citoyens de l'union, et que les irlandais ont à nouveau exprimé fin juin... Réaliste, Nicolas sarkozy a préféré s'assigner hier une ambition bien plus modeste - oui, ça lui arrive - il entend dit il provoquer un "choc salutaire", et démontrer simplement, que l'Europe n'est pas qu'un ogre technocratique et supra national qui grignote les droits des citoyens, qu'au contraire, elle peut "protéger". Il s'est donc fixé comme mission de rassurer les européens, et en priorité les français... Alors évidemment, chacun appréciera à l'aune de l'appréciation qu'il porte sur le chef de l'état sur le plan intérieur, ses talents de tranquilisateur au plan européen... Mais enfin, il a tenté d'expliquer le plus concrètement possible, avec pédagogie, comment l'Europe pouvait effectivement protéger les citoyens.Fiscalité sur l'essence, sur la restauration, quotas de pêche, dumping environnemental... Il a montré où ça coincait, où on pouvait avancer, où il y avait peu d'espoir d'obtenir l'unanimité... Mais Nicolas Sarkozy reste Nicolas Sarkozy et on le voit s'animer surtout quand il peut "piquer". Ah cette mine gourmande quand il explique qu'avec la TVA à 5,5 sur toute la restauration il tiendra aussi les promesses des autres... jacques chirac appréciera! Ah cette grimace satisfaite quand il dit tout le mal qu'il pense de la politique de la banque centrale européenne.. En réalité, il ne faut évidemment pas s'y tromper, le président va beaucoup se servir de cette tribune européenne pour défendre pied à pied ses réformes françaises. Il a commencé hier. Et oui, on ne se refait pas, quand il parle d'europe, nicolas sarkozy nous parle surtout de lui, de son Grenelle de l'environnement, de ses "heures supp", de sa Loi de modernisation de l'économie et de sa politique d'immigration qui sauve le pacte social français et qui ne l'empêche pas d'avoir du "coeur"... Personne n'en a le monopole. Voilà, c'était un peu le deux en Un de l'émission d'hier : L'europe oui, mais la France surtout, c'est peut être ce qui explique d'ailleurs que si Nicolas Sarkozy était bon pédagogue sur l'Europe, tout ça manquait tout de même un peu de souffle En fait, il a carrément inventé hier soir le trois en un. Il nous a parlé de politique française, d'europe, et...de la télévision publique! Et oui, il fallait y penser : Se rendre là où les journalistes et les salariés sont le plus inquiets, à France 3.. "Vous avez vu, c'est la preuve que je vous aime bien" a t il lancé en début d'émission.Président thaumaturge d'un service public pour l'instant surtout traumatisé par la réforme en cours, nicolas sarkozy ose décidement tout... Alors les journalistes de France 3 ne s'en sont pas laissés compter, et ont tenté avec quelque pugnacité de défendre leur chaine et leurs missions.. "Je ne vous laisserai pas tomber" a conclu Nicolas Sarkozy magnanime, tout en fustigeant dans la même phrase "ces micro organisations qui descendent dans la rue et qui ne sont qu'une petite secte"... Il faut dire qu'il avait été accueilli à France 3 par des cortèges de manifestants et que juste avant le début du direct, un technicien n'avait pas répondu à son "bonjour", suscitant sa colère. "Ca, ça va changer", a t il menacé dans sa barbe avant de démarrer l'émission. L'europe, c'est un sacré dossier dans les 6 mois qui viennent, et Nicolas Sarkozy a l'air de le prendre à coeur. Mais visiblement, la réforme de la télévision publique française, aussi..

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.