L’affaire DSK... Maintenant, il faut refaire le film à l'envers... Oui, vous vous souvenez certainement de ce mot qui était celui qui décrivait le mieux l’état dans lequel l’information de l’arrestation du patron du FMI pour viol et les fameuses photos de Dominique Strauss-Kahn, menotté avaient mis l’opinion. C’était le mot « sidération ». Au tout début, souvenez-vous, personne ne voulait y croire, on parlait même de complot et puis selon l’adage (ou le poncif) qui sert à expliquer toutes les surprises insensées de l’actualité on disait : « la réalité dépasse la fiction ». Ce mot « sidération » convient aussi à la situation de ce matin et ce retournement stupéfiant remet, paradoxalement, cette histoire dans un cadre beaucoup moins étonnant, beaucoup moins surprenant. Il n’y a certainement pas eu viol. Et voilà maintenant que c’est cette information là qui nous paraît comme incroyable. Et là, c’est le moment de faire tout redéfiler à l’envers, de nous repasser le film dans l’autre sens, simplement pour prendre la mesure. Toute l’actualité politique française, et pour partie même internationale, avec l’aspect FMI et crise grecque est mise sur de mauvais rails depuis le 15 mai dernier. Des conséquences les plus anecdotiques (Jean-François Kahn arrête le journalisme) en passant par les plus ridicules (David Douillet est secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger) aux plus grands bouleversements (Martine Aubry est candidate à l’élection présidentielle et Christine Lagarde préside aux destinées du FMI). Cette affaire a aussi suscité toutes sortes de commentaires et de débats de fond sur la justice française, la justice américaine, sur la justice tout court, le deux poids, deux mesures, sur la presse bien sûr, sur ce qu’elle savait et qu’elle ne disait pas de DSK. Oui, nous savions que c’était un séducteur, un dragueur impénitent... On l’a dit en se disant que ça ne pouvait pas expliquer un viol… puis, il y a eu l’affaire Banon… tout le monde a été bouleversé dans ses certitudes. Un grand débat sur le féminisme, sur le harcèlement. L’affaire Tron serait elle sortie ? les victimes (présumées) du ministre de la fonction publique auraient-elles eu le courage de porter plainte? Si l’on se retourne sur ces deux derniers mois, on est pris d’un vertige, d’un malaise… Un mélange de soulagement et d’effarement devant un emballement généralisé basé sur d’énormes incertitudes maquillées en informations brutes.Et maintenant, peut-on prévoir la suite ? On ne peut rien prévoir... Et un matin comme celui-là nous l’apprend comme aucun autre. Du plus anecdotique, Jean-François Kahn va-t-il revenir au journalisme, au plus important… avec cette interrogation ? Dominique Strauss-Kahn peut-il se présenter à l’élection présidentielle? Pascale Clark va poser cette question à François Pupponi, un de ses plus vieux amis, dans quelques minutes (voir l'interview de François Pupponi par Pascale Clark à 7H50)… mais cette question se pose. Tout ce que l’on sait maintenant sur Dominique Strauss-Kahn dont le passé et la vie privée ont été mis à nu empêcherait n’importe qui, normalement de concourir à la présidence de la République... Mais dans un pays où l’on aime les cicatrisés, les couturés, les blessés qui se relèvent, tout ce que Dominique Strauss-Kahn vient de subir va lui donner une incroyable épaisseur. Mais de toute façon, on le sait maintenant, l’actualité nous réservera des surprises... Et il sera bien temps de les commenter.

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