Le résultat de cette décision c’est qu’un président mal élu est maintenant à la tête du principal parti de l’opposition. Un statu quo qui fige l’appareil de l’UMP jusqu’en novembre 2015, étouffée par son armée de vice-présidents. Les débats stratégiques et idéologiques, nécessaires après la défaite, risquent de ne pas être très vivaces et laisseront place aux querelles d’écuries présidentielles. On ne verra pas l’UMP trancher les grandes questions qui la secouent. Doit-elle se choisir une ligne ? Et si oui, la ligne doit-elle être issue d’abord d’une réflexion stratégique : quelle est la meilleure façon de lutter contre le FN ?… ou doit-elle être issue d’une réflexion idéologique ? Si c’est la première (la ligne stratégique) qui est choisie par les partons de l’UMP, alors l’UMP va se durcir, continuer à se « droitiser ». Parce Jean-François Copé pense que -sur les questions d’autorité- pour combattre le FN, il faut parler comme lui (c’est la droite décomplexée). Si, en revanche, pour définir sa ligne, l’UMP se posait la question de ses convictions profondes, nous aurions le développement de la droite européenne, plutôt modérée et pondérée. L’idéologie, les convictions des chefs de l’UMP (qui restent très européennes et favorables à la rigueur budgétaire) ne vont pas avec leurs options stratégiques de siphonage du FN par mimétisme. Quand un grand parti a un désaccord en lui, entre ce que devrait dicter sa stratégie et ce que devraient dicter ses idées… il y a un problème. Mais ce problème a une solution : la primaire !Oui parce que le vote de ce week-end institue aussi le principe de la primaire en 2016…Oui, ce qui a été efficace pour le PS peut se révéler être LA bonne solution pour l’UMP. La primaire ouverte est en réalité parfaitement adaptée à la droite pour la sortir du piège de la contradiction entre les impératifs stratégiques et les impératifs idéologiques. En 2016, les candidats à la primaire ne devront pas parler aux seuls militants de l’UMP mais à tous les électeurs de droite. Si le militant UMP est plutôt un bonapartiste, ayant le culte du chef, son point d’équilibre politique n’est pas celui des 40% des Français qui se disent eux-mêmes à droite. Il ne suffira pas de dire « suivez mon panache blanc » comme ce fut le cas lors du scrutin interne de l’automne. Comme l’a montré la primaire socialiste, il faut (si l’on veut se faire designer par des centaines de milliers, voire des millions de votants) présenter un programme cohérent et une ligne politique claire. Voilà sans doute pourquoi Nicolas Sarkozy, qui a toujours réussi à jouer avec les lignes stratégiques et les lignes idéologiques, ne veut pas de primaire. Il est quand même assez significatif que quand, seul le peuple de gauche était invité à choisir son candidat pour 2012, ce soit le candidat le plus modéré, le moins à gauche (à part Manuel Valls), celui qui promettait le moins qui l’ait emporté ! La primaire à droite pourrait bien avoir le même effet parce que mettre ses idées en cohérence avec sa stratégie c’est refuser le populisme et forcément se recentrer. L’idée folle de courir après le FN ne peut pas résister longtemps au processus des primaires ouvertes. Tout simplement parce que pour espérer siphonner à nouveau le FN, il faut s’inspirer de sa cohérence à lui… et donc développer un discours anti-euro, anti critères de l’Union, ce qui est impossible à assumer à l’UMP.

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