La France a obtenu l’organisation du championnat d’Europe de foot pour 2016 !Oui. Est-ce que vous avez remarqué que l’organisation d’une compétition sportive suscite des commentaires politiques? Il y a bien-sur, l’aspect « bon coup » pour le président-VRP, très impliqué efficacement dans le dossier mais ça va au-delà ! … On a décrété, ces dernières années que les grands rendez-vous sportifs, sous prétexte qu’ils étaient très populaires et largement suivis, sous prétexte qu’ils avaient des répercussions économiques, avaient rang d’événements historiques ! Depuis la victoire de la France en 98, depuis l’événement géopolitique qu’a représenté l’organisation des J.O de Pékin, nous nous devons de considérer un événement sportif international comme une date aussi importante que Waterloo si on perd, ou la Libération si on gagne. L’époque n’est décidément plus épique : ainsi on a pu lire, sous des plumes sérieuses que d’avoir perdu contre Londres pour l’organisation des prochains J.O a été un « véritable traumatisme pour les français ». Si c’était le cas nous serions sans doute le peuple le plus heureux du monde. Nous serions les plus heureux d’avoir comme traumatisme de ne pas organiser les jeux olympiques quand nos grands parents avaient juin 40, nos arrière-arrière grands parents Sedan ! Le traumatisme, aujourd’hui c’est le chômage, pas une défaite sportive. De la même façon et à l’inverse, nos extases collectives devraient se situer dans l’organisation de l’Euro de foot ! Rendez-vous compte, 15.000 emplois, un certain 0, 000 quelque chose de point de croissance en plus !... Donc, pour en revenir au commentaire d’un tel événement, il est généralement de deux ordres. Soit, on fait dans le cocorico…les superlatifs utilisés sans limites dans les commentaires sportifs, passent tels quels dans le commentaire politique. L’euro de foot c’est bon pour le moral de la France, on va être sous le regard du monde entier, c’est de la cohésion dans un monde difficile, une célébration de ce fameux « vivre ensemble ». Ça ne mange pas de pain. Ça s’écrit tout seul ! Soit, deuxième posture classique, on est dans la critique râleuse, la dénonciation du « pain et des jeux », du foot comme nouvel opium du peuple, comme entreprise d’abrutissement des masses, pour faire avaler, bien sûr, les mesures d’austérité…il faut dire que cette vision parano peut-être alimentée par la phrase de Nicolas Sarkozy, vendredi : « nous pensons que le sport est une réponse à la crise » dit-il…(voyez l’Espagne qui gagne toutes les compétitions en ce moment) Il y a donc un troisième commentaire possible !Oui, on pourrait considérer simplement que c’est une bonne nouvelle pour ceux qui aiment le foot (c’est vrai que ça fait du monde), pour ceux qui construisent des stades et pour ceux qui vendent des merguez autour des stades et ceux qui vendent des écrans de pubs sur TF1, pour TF1 (qui, soit dit en passant appartient à ceux qui construisent des stades !). Bref, on peut s’en foutre complètement, considérer qu’après 98, au delà du moment de joie partagée, la relative euphorie des années 98/2000 avait plus à voir avec la croissance mondiale, un chômage enfin en baisse, une nouvelle économie que l’on croyait voir émerger avec ces start-ups et l’explosion prometteuse d’internet. On peut ne pas se sentir concerné par les titres du genre « la France en rêvait », la « France derrière les bleus ». On peut considérer cette compétition pour ce qu’elle est …une compétition de foot et même si le foot est le sport le plus populaire, ça ne fait pas non plus partie des éléments qui structurent à ce point ce que nous sommes. Nous ne sommes pas un peuple plus heureux ou malheureux à cause du foot, solidaire ou égoïste, à cause du foot…on peut simplement être contant dans la perspective de passer quelques bonnes soirées à vibrer pour une équipe que l’on espère sympathique et spectaculaire. Loin de la politique. Rien de plus…

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