Carine Bécard.

Nicolas Sarkozy a donc décidé de changer le nom de son parti, mais va-t-il consulter les militants? Leur demander leur avis? S'il ne le fait pas, les "Républicains" ne ressembleront jamais à ce qui a été promis...

Et qu'est-ce qui a été promis ? Le retour d'une vraie démocratie ! Voilà comment l'ancien chef de l'Etat tente - depuis quelques semaines déjà - de convaincre les militants UMP de devenir des "Républicains"... Nicolas Sarkozy leur jure qu'avec ce nouveau parti, il veut réinstaurer un lien direct avec eux ! Et qu'il envisage de les solliciter tout le temps, partout, et sur tout ! Vous voyez donc l'incohérence... Ses nouveaux adhérents, Nicolas Sarkozy rêverait - dit-il - de les inclure à chacune de ses grandes décisions... Mais la première d'entre d'elles, - le changement de nom - commencerait par leur échapper complètement. Alors, soit cela signifie que consulter les militants - sur ce sujet - est une évidence pour celui qui est encore le patron de l'UMP, au point d'oublier de le signaler.

Soit, c'est un autre parti que Nicolas Sarkozy a l'intention d'installer !

Oui ! ... qui s'appellerait toujours "Les Républicains"... mais qui ressemblerait bien plus à un parti bonapartiste... c'est-à-dire avec un chef, un vrai ! - qui ferait preuve d'autorité, à défaut d'être autoritaire - et qui tracerait tout seul le cap de sa formation politique. De temps en temps, il soumettrait à l'avis de ses militants une idée, une proposition, un éventuel changement... mais rien qui ne modifierait viscéralement l'esprit ou le fonctionnement du mouvement ! C'est ce que l'on appelle la "démocratie plébiscitaire"... Ce qui n'a rien à voir avec la "démocratie participative"... or, c'est celle-là qu'a promise Nicolas Sarkozy... Vu le contexte, il sait qu'il ne peut plus être Bonaparte, il s'est donc engagé à partager l'exercice du pouvoir... avec sa base ! Autrement dit, il se dirait prêt à offrir, à chaque militant, le droit de participer à l'élaboration des décisions...

On peut se demander quand même si Nicolas Sarkozy sera vraiment capable de se convertir à cette "démocratie participative" ?

Oui, est-ce qu'il a vraiment envie de s'y convertir ? Ce n'est pas certain, effectivement. En fait, qu'est-ce qui séduit - dans tout cela - l'ancien chef de l'Etat ? C'est de pouvoir tester les futures idées du parti directement sur les adhérents... Avec ces référendums qu'il promet d'organiser régulièrement, il espère surtout savoir - précisément - quelles propositions, ses militants souhaitent voir reprises et défendues par le patron du mouvement... En somme, pour Nicolas Sarkozy, ce sont de vrais sondages d'opinion... les mêmes, que ceux qu'il a commandés pendant 5 ans à l'Elysée... Il veut savoir quelles grandes réformes souhaite sa base, pour se mettre en phase avec elle !

Autrement dit, peu lui importe l'avis des futurs Républicains sur le changement de nom du parti... Ce n'est absolument pas cela, la priorité de l'ancien président... Non, ce qui retient certainement toute son attention en ce moment, c'est la construction d'une nouvelle formation politique... certes, mais pour y bâtir - à l'intérieur - un système performant qui lui assure de partager les mêmes idées que les militants... pour qu'ils votent, plus facilement, pour lui, à la primaire de 2016...

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