**Plus que 2 semaines avant le premier tour des élections régionales, et visiblement, Nicolas Sarkozy n’y croit plus vraiment.Le président qui se rend ce matin en Vendée et en Charente-Maritime, dans les deux départements les plus touchés par la tempête Xynthia, va laisser de côté une série de sondages qui s’annoncent inquiétants pour sa majorité. Le pays endeuillé, la campagne des régionales sera d’ailleurs mise aujourd’hui entre parenthèses. Mais les chiffres sont là. Ils donnent désormais un PS devant l’UMP au premier tour. Un proche soutien du chef de l’Etat confiait ce week-end : « Il a mis une croix dessus ». En fait, Nicolas Sarkozy n’a jamais pensé un instant qu’il remporterait ces régionales, et a mis en place un dispositif tourné vers l’élection présidentielle de 2012. Ce qui a été imaginé dans le bureau présidentiel était de constituer des listes uniques, les plus larges possibles, avec des visages nouveaux, ce qui a été fait. Les stratèges de l’Elysée ont tablé sur une UMP en tête au soir du premier tour, située entre 34 et 38% des suffrages. Ce score, même sans réserve de voix, était censé produire une dynamique de deuxième tour. L’UMP – c’est très précis - envisageait de récupérer 60% du FN, 40% du Modem et de 20 à 25% des écologistes. Ces chiffres sont aujourd’hui enterrés. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?Tout. La machine s’est grippée. Une crise profonde, durable, des promesses impossibles à tenir, des réformes sans effet, un chômage qui grimpe. Il y a eu une certaine confusion également: Nicolas Sarkozy a fait de ce scrutin un enjeu national, la porte ouverte à un vote sanction, avant d’annoncer qu’il se tiendrait en dehors de la campagne. L’un de ses ministres candidats reconnaît qu’il n’y a pas de stratégie de deuxième tour : "nous sommes dans une élection nationale, qu’on le veuille ou non. Vous ne pouvez gagner que si vous avez le courant national". Il y a enfin quelque chose qui ne passe plus du tout au sein de la majorité: l’ouverture. Nicolas Sarkozy a peut-être sous-estimé ses effets négatifs . Elle est un facteur de très forte démobilisation: pourquoi aller voter contre la gauche, alors que des socialistes figurent sur les listes ou sont nommés au plus haut niveau. Il y a enfin ces polémiques qui tournent en boucle dans les médias, les déclarations de la ministre de l’outremer Marie-Luce Penchard, l’affaire Ali Soumaré ou le refus du président de faire l’ouverture du Salon de l’Agriculture. C’est un peu comme si le chef de l’Etat avait perdu sa main protectrice, commencent à s’inquiéter certains de ses amis. Et si le PS devient effectivement le premier parti de France ?Toute la stratégie présidentielle se verrait bouleversée. Cela va même poser un problème avec le projet de scrutin territorial à un tour censé briser le monopole socialiste sur les régions. Il reste une lueur d’espoir pour la majorité. "Nous avons peut-être des mauvais sondages et des électeurs qui doutent ", reconnait Franck Louvrier. Mais le responsable de la communication à l’Elysée, par ailleurs candidat dans les Pays de Loire, reste persuadé que la situation va provoquer un sursaut, et remobiliser à droite. Ce sera l'une des grandes inconnues de ce scrutin. En attendant, la classe politique va se mobiliser aujourd’hui pour venir en aide aux sinistrés de la tempête qui a frappé l’ouest du pays.**

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